L’ANSES réaffirme avec force que les fongicides SDHI sont sûrs

Paris, le 26 juillet 2019 Suite à une « alerte » lancée en avril 2018 par quelques chercheurs dans le journal Libération[1], et à un premier rapport rendu en janvier dernier[2], les scientifiques de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) viennent de rappeler pour la deuxième fois en six mois l’innocuité des fongicides SDHI.

En janvier dernier, les scientifiques mandatés par l’ANSES dans le cadre d’un GECU (groupe d’expertise collective d’urgence) avait déjà conclu à l’innocuité des fongicides de la famille des SDHI tout en appelant à des études complémentaires. Hier, via un communiqué[3], l’ANSES a confirmé qu’« à ce jour, aucun nouvel élément n’est venu confirmer l’existence d’une alerte sanitaire qui conduirait au retrait des autorisations de mise sur le marché en vigueur, conformément aux règlements nationaux et européens relatifs aux produits phytopharmaceutiques ».

Pour les producteurs de fruits et légumes, ce rappel est le bienvenu alors que certaines associations environnementalistes ont fait de cette question un nouveau cheval de bataille dans leur stratégie de marketing de la peur. Faisant fi de l’expertise de nos autorités sanitaires, elles en viennent à pousser des scientifiques à sortir de leur sphère de compétences pour rentrer dans une démarche militante contre-productive.

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France rappelle que les fongicides SDHI font partie d’une gamme d’outils diversifiés et indispensables, à leur disposition pour lutter contre la prolifération des maladies fongiques (Outils d’Aide à la Décision, solutions de biocontrôle, etc.). Les agriculteurs sont engagés dans des démarches de progrès pour produire dans le respect de l’environnement et des consommateurs. Ces dernières années, la pression des maladies fongiques s’est fortement accrue, en lien notamment avec le changement climatique. Le printemps 2018 a été particulièrement révélateur de ce phénomène : sans une utilisation raisonnée de fongicides en complément des moyens de lutte agronomique, des milliers de producteurs auraient perdu la totalité de leur récolte. Enfin, il convient de rappeler que les fongicides sont essentiels pour préserver la qualité sanitaire des denrées, en permettant notamment de limiter le développement de toxines naturelles préjudiciables à la santé humaine.


[1] https://www.liberation.fr/debats/2018/04/15/alerte-scientifique-sur-les-fongicides_1643533

[2] https://www.anses.fr/fr/content/fongicides-inhibiteurs-de-la-succinate-d%C3%A9shydrog%C3%A9nase-sdhi-l%E2%80%99anses-pr%C3%A9sente-les-r%C3%A9sultats-de

[3] https://www.anses.fr/fr/content/sdhi-l%E2%80%99anses-fait-le-point-sur-les-travaux-lanc%C3%A9s-suite-%C3%A0-l%E2%80%99avis-de-janvier-2019

Résidus de pesticides : 96 % des fruits et légumes consommés dans l’Union européenne respectent les normes sanitaires

Rapport annuel de l’EFSA (European Food Safety Authority)

 sur les résidus de pesticides dans les aliments (2017) 

Résidus de pesticides : 96 % des fruits et légumes consommés

dans l’Union européenne respectent les normes sanitaires

Paris, le 3 juillet 2019 – Le rapport annuel de l’EFSA sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes rend compte pour 2017 de données tout à fait rassurantes : les fruits et légumes consommés par les Européens sont dans leur immense majorité « exempts de résidus de pesticides ou en contiennent dans les limites légalement autorisées » selon l’Autorité européenne de sécurité alimentaire.

Sur près de 90 000 échantillons analysés dans les 28 États membres de l’Union européenne (UE), ainsi que l’Islande et la Norvège, « 95,9 % se situent dans les niveaux autorisés par la législation de l’UE et 54,1 % ne comportent aucun résidu quantifiable, contre respectivement 96,2 % et 50,7 % l’année précédente »[1]. Selon l’EFSA, cette différence s’explique par la hausse du nombre de produits contrôlés en 2017 par rapport à 2016.

Les analyses réalisées sur les fruits et légumes vendus en France mettent en évidence une progression. En 2017, 95,3 % des échantillons sont conformes aux limites maximales contre 93,6 % en 2016[2]. Et dans 63,2 % des cas, aucun résidu n’est détecté contre 51,7 % en 2016. Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, cette étude montre encore une fois que les agriculteurs s’investissent chaque jour pour offrir aux consommateurs des produits sains et de qualité quel que soit leur mode de production.

Une priorité : accroitre la consommation de fruits et légumes

En 2010, 1 Français sur 3 consommait cinq fruits et légumes par jour. Sept ans plus tard, seul 1 Français sur 4 respectait cette recommandation[3]. Cette baisse de la consommation de fruits et légumes est particulièrement préoccupante. Elle entraîne de graves conséquences sur la santé de nos concitoyens (obésité, maladies cardiovasculaires…). Cette situation est notamment due aux effets de la communication anxiogène menée par les associations environnementalistes qui amènent les consommateurs à se détourner des fruits et légumes dont la sécurité sanitaire est garantie en Europe. Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France rappelle que le véritable risque – confirmé par l’ensemble de la communauté médicale – reste la sous-consommation de fruits et légumes qu’ils soient issus de l’agriculture biologique ou conventionnelle.

[1] https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.2903/j.efsa.2019.5743

[2] Les limites maximales de résidus (LMR) sont les niveaux supérieurs de résidus de pesticides légalement admis dans ou sur les aliments destinés à l’alimentation humaine ou animale. Elles sont calculées en se basant sur les bonnes pratiques agricoles et le principe de l’exposition des consommateurs la plus faible possible afin de protéger les consommateurs les plus vulnérables. Ces limites légales sont également applicables aux aliments importés.

[3] CREDOC, « Fruits et légumes : les Français suivent de moins en moins la recommandation », Juillet 2017

Maladies fongiques : les agriculteurs ont besoin d’une grande variété de solutions

Ne désarmons pas les agriculteurs, soutenons-les ! Cuivre, soufre, triazole, strobilurines et SDHI, Pierre Varlet nous explique pourquoi les agriculteurs ont besoin de toutes ces solutions pour protéger leurs cultures des ravageurs.

Maladies fongiques : les producteurs de fruits et légumes redoutent une nouvelle année compliquée

Maladies fongiques : les producteurs de fruits et légumes redoutent une nouvelle année compliquée

Le 12 juin 2019 Les producteurs de fruits et légumes s’en souviennent : 2017 est une année référence en termes de prolifération des maladies fongiques. Alors que les années chaudes et humides vont être de plus en plus fréquentes, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France pose la question suivante : sera-t-il possible demain, avec de moins en moins d’outils de protection des cultures, de produire des fruits et légumes français à la qualité sanitaire irréprochable ?

Pour les producteurs de fruits et légumes, 2017 reste une année noire : pluies intenses, fortes chaleurs et irrémédiablement la prolifération à un degré inédit de maladies fongiques sur leurs cultures conventionnelles et bio. Approvisionner les Français avec des fruits et légumes bons et sains a constitué un véritable défi.

Dans ces conditions, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France interroge les pouvoirs publics : auront-ils demain à leur disposition l’ensemble des outils nécessaires à la lutte contre les maladies fongiques, qu’ils soient de synthèse (triazoles, strobilurines, SDHI, etc.) ? ou naturels ? (soufre, cuivre, etc.). Seront-ils clairement soutenus dans leurs choix agronomiques ? Auront-ils la visibilité règlementaire nécessaire sur l’emploi des substances phytosanitaires pour se lancer dans de lourds investissements ?

Rappelons-le, les maladies fongiques (mildiou, pourritures, etc.) peuvent occasionner des pertes de rendement considérables ainsi qu’une forte diminution de la qualité des récoltes. Certains champignons comme la tavelure ont même la capacité de s’adapter en contournant les stratégies de lutte mises en œuvre par les agriculteurs : variétés tolérantes, substances phytosanitaires en agriculture conventionnelle ou biologique.

Les mycotoxines associées à la présence de certains champignons peuvent également être très toxiques pour les consommateurs. Une trentaine de ces toxines naturelles émises par des champignons pathogènes sont préoccupantes pour la santé de l’Homme, en particulier pour les populations sensibles (enfants en bas âge, femmes enceintes, etc.) du fait de leurs propriétés cancérigènes, reprotoxiques ou encore perturbatrices endocriniennes.

Les producteurs de fruits et légumes, malgré des conditions de travail, commerciales et réglementaires de plus en plus exigeantes sont toujours prêts à relever le défi. Mais ils ne se contenteront pas de déclarations de bonnes intentions de la part du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. La protection phytosanitaire est l’un des domaines sur lesquels ils attendent des mesures concrètes ! Pour protéger les productions de fruits et légumes françaises, il est donc impératif de soutenir le développement de la recherche scientifique. Objectif : faire émerger de nouvelles solutions et de nouveaux outils pour protéger les récoltes contre les attaques fongiques. Il n’est en effet pas possible de se priver de solutions existantes sans alternatives testées et validées, et à l’innocuité prouvée par les autorités sanitaires.

Pesticides dans les fruits et légumes : nos produits sont sains !

Communiqué de presse

 

Pesticides dans les fruits et légumes : nos produits sont sains !

 

Le 6 juin 2019 – Dans un nouveau « rapport » publié aujourd’hui, l’association anti-pesticides Générations Futures prétend alerter sur l’omniprésence de pesticides dans les fruits et légumes commercialisés et consommés en France. En réalité, ce « rapport » ne fait que confirmer ce que l’on sait depuis des années : la quasi-totalité des fruits et légumes que nous consommons sont sains.

Pour son rapport, Générations Futures reprend les données publiques collectées par la DGCCRF sur 6 années (2012 à 2017), soit 13 000 analyses au total. Parmi les conclusions de l’association : « Sur les 6 années, ce sont en moyenne 71,9% des échantillons de fruits qui contenaient des résidus de pesticides avec 2,9% de dépassement de la Limite Maximale en Résidus (LMR). Pour les légumes, la moyenne est de 43,3% des échantillons concernés et 3,4% de dépassement de LMR. »

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France en déduit donc que 97,1% des fruits sont conformes aux seuils réglementaires ainsi que 96,6% des légumes. Des chiffres parfaitement cohérents avec les dernières données de l’autorité sanitaire européenne, l’EFSA, qui pour 2016 relevait que sur près de 85 000 échantillons analysés et 791 pesticides recherchés, « 96,2 % [des fruits et légumes analysés] se situaient dans les limites autorisées par la législation de l’UE et 50,7% ne comportaient aucun résidu quantifiable. »[1]

Le Collectif Sauvons les Fruits et légumes de France relève une nouvelle fois que Générations Futures se complait dans une communication alarmiste à partir de données tout à fait rassurantes. Une stratégie de « marketing de la peur » qui dessert totalement les consommateurs comme les producteurs.

[1] https://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/180725

L’impact du réchauffement climatique pour les cultures

Ne l’oublions pas : les agriculteurs sont les premiers impactés par le réchauffement climatique. « Les aléas du climat entraînent le développement de nouvelles maladies qui ravagent les vergers et contre lesquelles il n’existe pas de solutions » selon Pierre Varlet, Responsable Veille technique à l’Association Nationale Pommes Poires

Perturbateurs endocriniens dans les eaux de surface : une enquête pour rien, sinon juste pour faire peur !

Communiqué de presse

 

Perturbateurs endocriniens dans les eaux de surface :

une enquête pour rien, sinon juste pour faire peur !

 

Le 16 avril 2019 – Dans un « rapport » publié aujourd’hui, l’association anti-pesticides Générations Futures prétend « informer sur la présence de pesticides perturbateurs endocriniens dans notre environnement à travers l’étude de leur quantification dans les eaux de surface ». Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes, ce rapport n’apporte absolument rien au débat scientifique et trompe les consommateurs.

Se basant sur des données officielles des agences de l’eau françaises regroupées dans la base de données Naïades, Générations Futures a, comme à son habitude, extrait des informations certes exactes mais qui, traitées sous un angle militant, ne donnent aucune conclusion probante.

C’est ainsi que l’association environnementaliste s’appuie sur la base TEDX pour qualifier une substance de perturbateur endocrinien. Cette base de données n’a rien d’officielle, ni de scientifique. Qui plus est, l’Union Européenne a publié une définition claire et précise des perturbateurs endocriniens, qui est entrée en vigueur le 10 novembre dernier. On notera que Générations Futures n’en fait aucune mention dans son document et ne se base donc pas sur cette définition pour tirer ses conclusions.

Une approche scientifique de la question des perturbateurs endocriniens dans les eaux de surface aurait dû également s’intéresser aux enjeux clefs que sont le rejet de résidus de médicaments, notamment issus des effluents d’hôpitaux, et de contraceptifs dans l’eau. Rien de tout cela dans le rapport de Générations Futures, ce qui confirme sa visée militante en considérant l’agriculture comme le bouc émissaire de tous les maux.

Pour les producteurs de fruits et légumes, tant que Générations Futures ne s’appuiera pas sur des bases scientifiques et ne livrera pas ses méthodes de traitement des données, ce type de communication ne sera bonne qu’à faire de la « com ‘ » sur le dos des agriculteurs, rien d’autre.

Relations producteurs – voisinage : Les associations environnementalistes choisissent la stratégie de la confrontation

Communiqué de presse

 

Relations producteurs – voisinage

Les associations environnementalistes choisissent la stratégie de la confrontation

 

Le 11 avril 2019 – Alors que les agressions anti-pesticides envers les agriculteurs se multiplient, (la plus récente concernant EGALEMENT un producteur d’olives bio), le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France s’étonne de la communication de certaines associations environnementalistes dont le contenu pourrait pousser à des incidents majeurs ces prochains mois.

Les dernières agressions d’un céréalier début mars dans l’Ain[1] et d’un producteur d’olives bio le 8 avril dans les Bouches-du-Rhône[2], révèlent la situation de plus en plus tendue dans nos campagnes. Certains riverains, trompés par les déclarations partielles ou erronées d’associations environnementalistes en viennent aux mains dès qu’un pulvérisateur est aperçu dans un champ. Peu importe d’ailleurs la substance que l’agriculteur épand : fertilisant, produit phytosanitaire bio ou conventionnel. Cette atmosphère lourde est alimentée quasi-quotidiennement sur les réseaux sociaux par des associations ou des collectifs justifiant ce genre de comportement par des affirmations caricaturales.

Flou magistral sur la réalité et stratégie mortifère

La dernière brochure de l’association environnementaliste Générations Futures « Riverains Victimes des pesticides »[3] en est l’exemple type. Si elle prend bien garde d’appeler à la discussion entre riverains et agriculteurs, son contenu (témoignages non sourcés, données de prévalences de maladies contradictoires et sorties de leur contexte, etc.) est construit afin d’ériger chaque riverain en contrôleur des pratiques agricoles en lieu et place des autorités compétentes. Ainsi, sur la problématique de la maladie de Parkinson, Générations Futures met en avant une étude datant de 2003 pour afficher que l’exposition aux pesticides entraine « 5 fois plus de risques de développement de la maladie de Parkinson ». Cette étude à laquelle il est fait référence est une analyse sur un nombre limité de cas survenus il y a plus de 20 ans[4]. Quant aux données publiques de Santé Publique France qui affirment que l’incidence de la maladie de Parkinson est plus élevée de 13% chez les exploitants agricoles par rapport à la population générale[5], elles sont assorties selon cette agence nationale d’une extrême prudence sur le lien avec l’utilisation de pesticides. Quelle donnée faut-il retenir, « x 5 » ou « + 13 % » ? Générations Futures conforte délibérément une communication anxiogène en choisissant à travers la mise en page de sa brochure : « x 5 ». Rappelons enfin les chiffres de la Mutuelle Sociale Agricole : en 2016, la maladie de Parkinson provoquée par des pesticides représente 2,7% du total des maladies professionnelles[6].

Après l’association Eaux et Rivières de Bretagne qui invite les riverains à la délation de pratiques pourtant parfaitement autorisées,[7] il est à parier que les violences déjà observées vont se multiplier avec un risque d’un incident majeur. Le collectif dénonce cette stratégie délibérée et dangereuse.
Face à des associations souhaitant prendre la place des autorités sanitaires et de contrôle compétentes, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France appelle l’Etat à réaffirmer son autorité et à ne pas céder aux pressions anxiogènes.

[1] https://www.pleinchamp.com/grandes-cultures/actualites/ain-un-agriculteur-agresse-pour-cause-d-epandage-de-phytos
[2] http://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/agression-attaque-pour-avoir-epandu-un-produit-bio-1,7,118357529.html
[3] https://www.generations-futures.fr/actualites/riverains-victimes-pesticides-brochure/
[4] Neurodegenerative Diseases and Exposure to Pesticides in the Elderly, I. Baldi et al, Am J Epidemiol. March 2003 1;157(5):409-14.
[5] https://www.santepubliquefrance.fr/Actualites/Maladie-de-Parkinson-2-fois-plus-de-cas-en-25-ans
[6] http://www.sauvonslesfruitsetlegumes.fr/?p=1508
[7] https://actu.fr/bretagne/brest_29019/une-appli-recenser-lutilisation-desherbants-totaux-bretagne-demander-leur-interdiction_22575315.html

Carottes : un bassin entier de production menacé

Communiqué de presse

 

Carottes : un bassin entier de production menacé

Paris, le 5 mars 2019 Depuis l’année dernière, les producteurs de carottes de Créances (Manche) alertent le gouvernement. Faute d’alternative crédible à l’utilisation du dichloropropène, la production de cette carotte AOP est menacée de disparition à court terme. Certains maraîchers ont même décidé de cesser leur activité ces prochains mois. Une situation ubuesque que dénonce le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France d’autant plus qu’elle touche une production locale à forte valeur ajoutée.

Les célèbres carottes de Créances, classées AOP et Label Rouge, ont la particularité d’être cultivées dans le sable qui leur donne un goût singulier et une texture très particulière. Pour combien de temps encore ?

Confrontés à un ravageur bien connu, le nématode à kyste de la carotte, spécifique aux terres de sables blancs du littoral occidental de la Manche, les producteurs utilisaient jusqu’en 2009, le dichloropropène, seule substance phytosanitaire efficace. Classé potentiellement cancérigène en 2009, ce produit faisait jusqu’à maintenant l’objet de l’octroi de dérogations annuelles par les pouvoirs publics. Une situation sans risque pour les producteurs qui, en professionnels, se protègent efficacement, tout comme pour les consommateurs puisqu’aucun résidu n’était observé sur les productions concernées.

C’est en 2018 que le gouvernement français décide de ne plus accorder cette dérogation. Conséquence immédiate : les surfaces traitées avec des solutions dites « alternatives » produisent 15 t/ha de carottes non commercialisables contre 60 à 70 t/ha de carottes saines en situation normale. Dés 2018, les surfaces cultivées en carottes ont ainsi chuté de 40 % dans le département de la Manche.

Un millier d’emplois menacés

En 2019, pour la première fois, certaines familles exploitant la carotte de Créances depuis plusieurs générations ont décidé de cesser leur activité. A court terme, ce sont des dizaines d’exploitations qui sont menacées de disparition ainsi qu’un millier d’emplois.

Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, cette situation est l’exemple type de décisions totalement déconnectées du terrain. Une filière maraîchère AOP risque d’être totalement anéantie en quelques années faute d’un minimum de réalisme. Les indemnisations n’y feront rien. C’est un pan de l’excellence française et de la diversité de notre production qui tombe. Excellence qui laisse place à des produits importés traités au dichloropropène… Une situation absurde !

La carotte de Créances est l’illustration parfaite de l’évolution de la production de fruits et légumes en France : disparition de productions de niches, baisses des surfaces cultivées et importations massives de produits aux profils sanitaires bien moins favorables. Tout cela au détriment de notre économie rurale et de la santé des consommateurs !