Pesticides : la France championne du monde des dérogations ?

Communiqué de presse

 

Pesticides : la France « championne du monde des dérogations » ?

Vraiment ?

 

Paris, le 24 mai 2018 – Il y a quelques jours, en marge d’une rencontre avec Nicolas Hulot, le député européen Eric Andrieu, président de la commission parlementaire spéciale sur la procédure d’autorisation des pesticides dans l’Union a déclaré : « Avec 58 demandes, contre une moyenne de moins de 10 dans l’UE, la France est championne des dérogations accordées en Europe ! ». Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France dénonce cette conclusion hâtive, qui dénote plus du militantisme que d’une analyse objective de la situation.

 

Cette communication liée à une rencontre avec le Ministre de la transition écologique et solidaire avait un seul objectif très politique : affaiblir le rôle et la mission du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation. Les dérogations sont en effet accordées par ce ministère, règle que plusieurs associations environnementalistes veulent bouleverser.

Les dérogations sont accordées pour de courtes périodes (120 jours maximum) et souvent dans l’urgence pour répondre à des enjeux techniques. Il s’agit bien souvent d’étendre la possibilité d’utiliser un produit phytopharmaceutique déjà autorisé pour un usage (culture et cible) à un autre usage. Dans tous les cas, les dérogations ne peuvent porter que sur des produits commerciaux déjà autorisés et sur des substances homologuées au niveau européen. Le secteur de l’agriculture biologique est aussi concerné par ce dispositif réglementaire (16 dérogations en 2018), notamment pour des produits donc les propriétés toxicologiques ne sont pas toujours anodines (spinosad, azadirachtine…).

Dans son argumentation, le député Eric Andrieu insiste sur la différence du nombre de dérogations demandées en comparaison à certains pays comme l’Espagne. En réalité, cette situation ne fait que révéler les distorsions réglementaires qui existent en Europe. Dans ces pays, des produits sont autorisés sur de nombreux usages alors qu’ils ne le sont pas en France.

Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, les dérogations sont indispensables certaines années pour la survie économique de milliers d’exploitations agricoles. De même, sur les enjeux environnementaux et de sécurité sanitaire, il est indispensable de disposer d’un dispositif juridique d’extension d’usage encadré et respecté par les producteurs plutôt que des extensions « sauvages » comme cela se produit malheureusement trop souvent dans certains pays européens.

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Suppression de produits phytosanitaires : quelles conséquences pour la production de fruits et légumes en France ?

Publication de l’étude d’impact sur la suppression des produits phytosanitaires

 

Suppression de produits phytosanitaires : quelles conséquences pour la production de fruits et légumes en France ? 

12 productions passées au peigne fin

Paris, le 25 avril 2018 – Alors que le gouvernement[1] réunit ce matin les acteurs agricoles pour présenter sa feuille de route « sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides », le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France publie une nouvelle étude d’impact sur la réduction de produits phytosanitaires disponibles dans les productions de fruits et légumes.

Noix, pommes, pêches, oignons, poireaux, pour son étude d’impact 2018, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France a sélectionné 12 productions représentatives du savoir-faire des producteurs français. Savoir-faire aujourd’hui menacé par de nombreuses impasses techniques parfaitement connues de l’administration.

Dans ce contexte, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France s’inquiète des annonces qui seront faites par le gouvernement ce matin. Enlever de nouvelles briques à l’édifice de la protection phytosanitaire reviendrait pour beaucoup de producteurs à ne produire que les bonnes années (aux conditions climatiques favorables) voire à mettre la clé sous la porte. Ce désarmement de la protection phytosanitaire engagé par les autorités est particulièrement préoccupant en ce qui concerne les risques nouveaux à caractère invasif[2], ou liés à la réémergence d’anciens risques (Drosophila suzukii en cerises, cynips du Châtaignier, bactérie Pseudomona syringae pv. Actinidiae pour les productions de kiwi).

 

Une dérive démagogique

Les producteurs sont particulièrement stupéfaits de la négation croissante de l’expertise des agences officielles d’évaluation française (ANSES) et européennes (EFSA, EChA) par les instances politiques. Celles-ci décident désormais de l’autorisation ou non d’une substance phytosanitaire en fonction de critères non scientifiques : contexte politique, pressions d’associations environnementalistes militantes, opinion publique du moment. La confusion porte également sur les notions de danger et de risque que l’on pensait définitivement acquises.

La deuxième dérive est une approche technocratique du retrait des substances phytosanitaires qui ne tient pas compte des productions. Les études d’impact sont quasiment inexistantes, bien que la loi issue du Grenelle de l’environnement impose ce type d’étude pour le secteur des fruits et légumes. Paradoxalement, la suppression d’une substance peut avoir pour conséquence l’emploi de plus de produits phytosanitaires !

 

Des productions en régression, une balance commerciale en déficit

La production française de fruits et légumes a naturellement régressé depuis de nombreuses années. La compétitivité des exploitations est en berne. Conséquence, la consommation française devient de plus en plus dépendante des importations. La balance commerciale française est déficitaire en fruits et légumes frais de l’ordre de 4 milliards d’euros en 2017 (2,86 milliards d’euros pour les fruits et 1 milliard d’euros pour les légumes). Pour de nombreux secteurs, la lente régression se poursuit à l’exemple des surfaces de vergers de pêchers/nectariniers : -13 % entre 2011 et 2016 ; les importations représentent 3 fois la production.

Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, seul un changement radical d’approche des débats sur la protection des cultures permettra de sauver les productions. Ce nouveau paradigme doit impérativement inclure les étapes suivantes : identification des risques et des enjeux production par production, définition de la boite à outils adaptée (prévention, lutte biologique, etc.) et, si nécessaire emploi de substances phytosanitaires dans des conditions clairement définies.

[1] Stéphane TRAVERT, ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Nicolas HULOT, ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire, Agnès BUZYN, ministre des solidarités et de la santé, et Frédérique VIDAL, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation

[2] https://www.terre-net.fr/actualite-agricole/economie-social/article/autour-de-la-mediterranee-les-agrumes-risquent-de-disparaitre-202-137119.html

Étude d’impact téléchargeable ici

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Fongicides SDHI : Générations Futures cherchent à créer des peurs infondées

Communiqué de presse

 

Fongicides SDHI :

Générations Futures cherchent à créer des peurs infondées

 

Paris, le 25 avril 2018 – Générations Futures cherche à créer une vague médiatique anti fongicide « SDHI ». L’association militante a pointé du doigt ce matin tous les fongicides SDHI vendus en France dont le boscalid. Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France dénonce une mise en scène qui ne repose sur aucun fondement scientifique.

Suite à une tribune publiée lundi 16 avril par quelques scientifiques français sur les fongicides SDHI, les autorités sanitaires françaises (ANSES) se sont montrées elles-mêmes tout à fait rassurantes sur l’innocuité des substances concernées. Pourtant, cherchant à créer une vague médiatique, l’association militante Générations Futures s’est mise en tête de dénoncer ce matin les fongicides SDHI vendus en France dont le boscalid, un fongicide utilisé notamment en fruits et légumes. Monté à la va-vite, le dossier de presse de Générations Futures joue comme d’habitude sur la confusion entre données officielles et données issues des pseudo-études de l’association, dont l’absence de représentativité est elle-même reconnue par son porte-parole*.

Pour l’avenir de cette substance comme pour les autres fongicides « SDHI », les producteurs de fruits et légumes ne font confiance qu’à l’expertise des autorités sanitaires. Jusque-là, ils rappellent que les conditions d’emplois de ces substances se sont toujours faites selon les normes françaises et européennes, garantissant ainsi aux consommateurs des produits bons et sains.

Le Collectif rappelle que les producteurs travaillent de façon responsable. Ils sont engagés dans des démarches de progrès en continu pour toujours améliorer leurs pratiques. Il est inadmissible qu’une association militante cherche à fabriquer de toute pièce des peurs dans le but d’instrumentaliser les pouvoirs publics.

* Pour chacune de ses « études », Générations futures indique qu’elle « ne prétend pas être parfaitement représentative de la consommation de ce type d’aliments en France et ne prétend pas refléter exactement l’état moyen de la contamination par des substances chimiques de ce type d’aliments à base de céréales vendus en France. Cette enquête vise à éclairer les questionnements que nourrissent le public et notre organisation sur la présence de résidus de pesticides ».

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« Etat des lieux des résidus de pesticides dans les fruits et légumes en France » de Générations Futures : beaucoup de bruit… pour rien de nouveau !

Paris, le 20 février 2018 – Alors que l’association écologiste Générations Futures vient de publier son « Etat des lieux des résidus de pesticides dans les fruits et légumes en France », le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France rappelle que les producteurs français fournissent chaque jour aux consommateurs des fruits bons et parfaitement sains, et sans doute parmi les meilleurs de l’espace européen.

Dans une énième « enquête » parue fort opportunément à quelques jours du salon de l’agriculture, l’association écologiste Générations Futures compile des données issues des analyses de la DGCCRF de 2012 à 2016 portant sur les teneurs en résidus de « pesticides » sur 19 fruits et 33 légumes issus de l’agriculture conventionnelle.

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France rappelle que l’ensemble de ces chiffres sont déjà publics. Ils n’apprennent rien de plus aux consommateurs et aux autorités sanitaires que ce qui est déjà connu. Ce rapport est un donc « non-événement ».

En outre, la présence de résidus de pesticides n’est pas synonyme de risque et d’impact pour la santé des consommateurs.  Les techniques analytiques d’aujourd’hui permettent de quantifier à l’état de traces quasiment tout ce que l’on recherche. Les chiffres relevés par Générations Futures sont d’ailleurs tout à fait rassurants sur la qualité sanitaire des fruits et légumes produits en France.

Enfin, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes s’étonne que Générations Futures occulte les analyses faites sur les fruits et légumes bio. Ces chiffres auraient révélé la présence de résidus non pas issus de « contamination extérieure » comme essaye de nous le faire croire certaines organisations mais bien de l’utilisation par les producteurs bio de pesticides dits « naturels ». Tout comme leurs homologues conventionnels, ceux-ci doivent en effet utiliser des produits phytosanitaires afin de protéger leurs cultures. Sur ce point, il serait par ailleurs souhaitable que les résidus de pesticides utilisés en bio soient analysés avec les mêmes limites de détection que celles des pesticides utilisés en système conventionnel…

 

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Maladies professionnelles des agriculteurs : les vrais chiffres

Communiqué de presse

 

Maladies professionnelles des agriculteurs : les vrais chiffres

  • 9 maladies professionnelles sur 10 sont liées aux troubles musculo-squelettiques
  • 20,5 % des accidents recensés sont dus aux animaux. 18,8 % aux machines et matériels.
  • Les maladies liées aux produits chimiques représentent 1,7% du total des maladies professionnelles.

 

A quand un intérêt de nos parlementaires pour les principales causes de maladies professionnelles dans le secteur agricole ?

Paris, le 16 novembre 2017 – Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes dénonce depuis plusieurs années la surenchère médiatique autour de l’évaluation des maladies professionnelles dues aux pesticides dans le secteur agricole. Contrairement à de nombreuses communications fantaisistes et anxiogènes, il n’y a pas une hécatombe dans les campagnes à cause des pesticides. Il n’en reste pas moins que des progrès sont encore possibles pour réduire l’exposition des professionnels.

Lors d’une audition devant la Mission d’information commune sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, Patrice Heurtaut, Directeur de la santé-sécurité au travail de la Mutuelle Sociale Agricole a déclaré hier[1] : « Deux pour cent des maladies professionnelles déclarées au titre du régime agricole sont liées aux produits phytosanitaires ». Information aussitôt mise en exergue par les média qui ont considéré ce chiffre comme une information « arrachée » à l’intervenant.

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes précise que cette information n’a rien d’inédite. Dans son baromètre santé 2017 (données nationales 2013), il écrivait déjà : « La maladie de Parkinson provoquée par des pesticides représente 1,7% du total des maladies professionnelles »[2], donnée elle-même issue d’un document disponible sur le site internet de la Mutualité Sociale Agricole[3]. Ces chiffres sont parfaitement connus depuis la Mission d’information parlementaire similaire conduite au Sénat en 2012.[4] .

Les troubles musculo-squelettiques : neuf cas de maladies professionnelles sur dix.
En mai 2015, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France a publié une monographie intitulée « Cancers, pesticides, maladies professionnelles Parlons-en… vraiment ! ». Début 2017, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France a actualisé les données collectées à partir des mêmes sources et les a synthétisées sous la forme d’un baromètre.

Plusieurs chiffres clés en ressortent :
–    Les troubles musculo-squelettiques représentent neuf cas de maladies professionnelles sur dix. Les parties du corps les plus fréquemment touchées chez les agriculteurs sont les membres supérieurs (mains, épaules, coudes, poignets) et le dos.
–    Les accidents du travail chez les producteurs sont pour l’essentiel liés aux activités avec les animaux et le matériel agricole. En effet, 20,5 % des accidents recensés sont dus aux animaux et 18,8 % aux machines et matériels utilisés, très loin devant les produits chimiques et de traitement, l’électricité et les éléments atmosphériques (poussières, fumées, etc.). Cet ensemble de risques représentant 3,3 % des accidents du travail des exploitants agricoles.

Pour le Collectif Sauvons les Fruits et légumes de France, focaliser encore une fois l’attention du parlement sur les pesticides constitue une communication démagogique pour masquer les vrais enjeux auxquels ils sont confrontés quotidiennement : perte de compétitivité de leurs exploitations, déconsidération de leur profession, problèmes de santé récurrent dus à des conditions de travail particulièrement difficiles.

[1]http://www.sudouest.fr/2017/11/15/les-pesticides-responsables-d-au-moins-2-des-maladies-des-agriculteurs-3950158-4720.php
[2]http://www.sauvonslesfruitsetlegumes.fr/wp-content/uploads/2015/01/BarometresanteCSFL2016.pdf
[3]http://www.msa.fr/lfr/documents/98830/11180475/Statistiques+des+risques+professionnels+des+NSA+et+des+chefs+d%E2%80%99exploitation+agricole+Donn%C3%A9es+nationales+2013.pdf
[4] http://www.senat.fr/presse/cp20171106.html

 

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Perturbateurs endocriniens : la Commission européenne doit assurer la cohérence de ses règlements

 Paris, le 3 juillet 2017 Alors que la Commission européenne s’apprête à présenter à nouveau au vote des Etats membres une nouvelle définition des critères d’identification des perturbateurs endocriniens, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France s’inquiète que le volet dérogatoire indispensable au maintien de la compétitivité de l’agriculture française ait disparu de la proposition européenne.

Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, l’adoption de la nouvelle proposition définissant les critères d’identification des perturbateurs endocriniens, en mettant de côté toute notion d’évaluation scientifique du risque réel pour les populations, serait préjudiciable à la pérennité économique et à la qualité de la production agricole française compte-tenu de la disparition potentielle de solutions pour la protection des cultures.

Plus encore, le rejet de la dérogation scientifique par la Commission ne présente aucun bénéfice en terme de santé publique puisqu’une même molécule répondant aux Règlements Biocides (produits de lutte contre les parasites qui impactent la santé humaine ou animale) ou Phytosanitaires serait traitée différemment selon le Règlement considéré ! Cette position est d’autant plus surprenante que l’exposition de la population aux produits biocides (ex. anti-puces appliqués sur les animaux domestiques, anti-poux…) est plus élevée que celle relative aux substances phytosanitaires. Où est la cohérence ?

A la veille d’un vote crucial, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France appelle les autorités françaises à assumer une position claire et cohérente en demandant à la Commission européenne de réassocier à la définition, comme cela était le cas dans les premières propositions, la possibilité de dérogation scientifique basée sur un risque négligeable. Il en va de l’avenir des quelques solutions de protection actuellement employées sur les cultures dites « mineures » et donc de l’avenir économique de ces filières.

 

 

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Elections présidentielles : les propositions du Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France

Communiqué de presse

 

Elections présidentielles :

les propositions du Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France

Paris, le 20 avril 2017 – Alors que la compagne présidentielle bat son plein, la plupart des candidats se sont contentés de quelques heures au salon de l’agriculture et de proposer des mesures « médiatiquement correctes ». Un peu faible pour les producteurs de fruits et légumes. Le Collectif « Sauvons les Fruits et Légumes de France » propose une séance de rattrapage en publiant ses propositions pour le prochain mandat.

 

Filière Fruits et légumes : chasser les banalités médiatiques

Trop souvent, notre secteur d’activité est vu uniquement sous l’angle des modes et des tendances du moment (bio/non-bio/local, etc). La filière fruits et légumes, ce sont d’abord des entreprises ayant des débouchés sur les marchés locaux, nationaux et internationaux et qui répondent à des demandes spécifiques suivant la clientèle visée.… Les producteurs sont donc des entrepreneurs à part entière. Comme pour les autres secteurs d’activités, ils sont immédiatement impactés par de nombreuses décisions politiques en matière sociale, fiscale, commerciale, sanitaire… C’est dans ce contexte que l’on doit situer la problématique de la protection des cultures.

La protection des cultures est une nécessité quel que soit le marché ou le mode de production (bio ou conventionnel). Les producteurs constatent que les mesures visant à interdire totalement un certain nombre de solutions se multiplient, sans que soient prises en compte les contraintes réelles.

Prendre le temps d’écouter ceux qui produisent

– La réglementation ne doit pas plonger les producteurs dans des impasses techniques. Variation des volumes produits, fragilité accrue des opérateurs, se traduisent par une production plus faible, plus irrégulière et plus chère, et donc par une baisse de la consommation de fruits et légumes frais, dommageable à la santé publique. Les impasses techniques doivent être analysées en amont. C’est l’objectif des études d’impact.

– La tendance actuelle, la suppression de toute protection pour de nombreuses cultures, fait prendre le risque de réduire à néant la production de fruits et légumes certaines années. L’exemple de la gestion brutale et sans concertation du dossier Drosophila suzukii (cerise) en est un exemple flagrant. Ce risque est en totale contradiction avec les efforts conduits par les professionnels pour assurer un approvisionnement régulier des marchés d’une année sur l’autre. Cet approvisionnement régulier ou la présence dans la durée sur les marchés constitue la base des liens contractuels entre les acteurs du marché (production/distribution).

– A cela s’ajoute une lourde propension de la France à imposer une règlementation nationale plus restrictive que celle qui est réellement appliquée dans d’autres pays européens. Cette situation entraine des distorsions de concurrence inadmissibles. La décision franco-française d’interdire les insecticides de la famille des néonicotinoïdes sans se soucier de la réalité des solutions alternatives et de leurs impacts parfois plus négatifs en est une illustration récente.

– La réglementation européenne est en constante évolution. Celle-ci doit être construite sur des bases scientifiques fortes et sur une analyse bénéfices/risques. Une réglementation uniquement basée sur le danger sans appréciation objective du risque, c’est-à-dire de l’exposition, est absurde. Elle peut conduire à la suppression d’outils nécessaires à la production agricole y compris en agriculture biologique. A ce titre, le processus de définition des perturbateurs endocriniens en cours est primordial. L’adoption par l’Union Européenne de la position soutenue par les autorités françaises serait très impactante pour la compétitivité des productions de fruits et légumes européennes et sans bénéfices pour la santé publique.

Les enjeux pour le prochain mandat présidentiel

Le futur président de la République se doit de tracer un horizon atteignable et mobilisateur pour la filière fruits et légumes et pour l’ensemble des Français. Les enjeux sont :

  • Economiques : la préservation de l’excellence d’une filière employant plus de 600 000 personnes.
  • Sanitaire et alimentaire : « manger 5 fruits et légumes par jour » (PNNS). Les consommateurs ont besoin de filières compétitives capables de produire à un coût raisonnable. La dichotomie et l’opposition démagogique entre le bio et le conventionnel masque les modes de production responsables développés par la majorité des producteurs de fruits et légumes : agroécologie, production fruitière et légumière intégrée…

Nos propositions :

  1. La prise en compte de la spécificité des fruits et légumes en matière de protection phytosanitaire : faibles surfaces et contraintes techniques particulières. Il faut en particulier résoudre au plus vite la question des « usages non ou mal pourvus » (insuffisance de solutions efficaces).
  2. L’Application systématique de la procédure de reconnaissance mutuelle pour l’utilisation de produits phytosanitaires. Quand un usage est autorisé dans un pays européen, la France doit pouvoir lever les obstacles à celui-ci sur le territoire national le plus rapidement possible.
  3. Pour chaque projet de suppression de substances phytosanitaires : une étude d’impact complète prenant en compte tous les données : économiques, sociales et environnementales doit être réalisée avant toute décision. Aucune suppression ne doit être décidée sans proposition d’une solution alternative efficace.
  4. Une réglementation plus équilibrée à partir d’une analyse scientifique et objective des bénéfices/risques de la protection des plantes quel que soit le mode de production.
  5. L’augmentation des moyens de recherche de produits de protection des plantes et des techniques alternatives qui répondent aux dernières exigences de santé publique et d’environnement.
  6. CEPP : revenir sur le mécanisme des CEPP, véritable usine à gaz, mise en place contre l’avis des producteurs et qui conduit à un renchérissement de la protection des cultures spéciales, sans bénéfice pour l’environnement ou la santé humaine.

 

 

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Protection phytosanitaire : les producteurs de fruits et légumes demandent plus de stabilité réglementaire.

Communiqué de presse

 

Protection phytosanitaire :

les producteurs de fruits et légumes demandent plus de stabilité réglementaire.

 

Paris, le 23 mars 2017 – Alors que vient de débuter la « Semaine pour les alternatives aux pesticides », cette opération médiatique organisée par des associations écologistes prend une tournure particulière à l’occasion de la campagne pour la prochaine élection présidentielle. Les promesses se multiplient. Quant aux producteurs, ils redoutent une nouvelle fois d’être les otages de débats idéologiques tronqués.

 

Confrontés l’année dernière à une année catastrophique en raison notamment d’un mois de mai exceptionnellement pluvieux, les producteurs de fruits et légumes entament cette nouvelle année avec de nombreuses appréhensions. Météorologiques tout d’abord, une deuxième année consécutive difficile reviendrait pour beaucoup à mettre définitivement la clé sous la porte. Sociétales ensuite, les conflits de voisinage, attisés par certaines associations locales se multiplient alors même que la profession s’est engagée depuis plusieurs années dans l’instauration de règles de bonne conduite visant à assurer une coexistence apaisée entre activités agricoles et riverains. A cela, il faut rajouter les incessantes campagnes des associations écologistes basées sur le marketing de la peur qui freinent au final la consommation de fruits et légumes accessibles à toutes les bourses, dont les bénéfices santé sont pourtant incontestables. Enfin et surtout politiques ! Les producteurs de fruits et légumes constatent l’intérêt de la plupart des candidats pour le secteur agricole… mais ne les ont pas vu beaucoup arpenter champs et vergers, mis à part dans le cadre de quelques opérations médiatiques savamment orchestrées. Résultat : un certain nombre de propositions déconnectées du terrain, rarement au regard d’une analyse bénéfice/risque, dont les conséquences sont d’ajouter une grande instabilité réglementaire à un secteur d’activité qui n’en a pas besoin.

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Communiqué de presse

 

Publication du baromètre santé du

Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France

 

« Cancers, pesticides, maladies professionnelles

Un baromètre pour parler vrai ! ».

 

Maladies professionnelles des agriculteurs : à quand une véritable politique de prévention ?

 

Les troubles-musculo-squelettiques, premier risque et toujours première maladie professionnelle chez les producteurs

 

Paris, le 7 mars 2017 – A quels problèmes majeurs de santé sont confrontés les agriculteurs ? Comment évolue leur santé ? Quelles sont les principales causes d’accidents du travail dans ce secteur ? Le baromètre santé 2016 du Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, fruit d’un long travail d’analyse et de synthèse, répond en partie à ces questions, tout en traitant, sans tabou et avec précision, la problématique de l’impact sur la santé des utilisateurs de l’usage des produits phytosanitaires.

En mai 2015, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France avait publié une monographie intitulée « Cancers, pesticides, maladies professionnelles Parlons-en… vraiment ! ». Début 2017, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France a actualisé les données collectées à partir des mêmes sources et les a synthétisées sous la forme d’un baromètre.

Plusieurs chiffres clés en ressortent :

  • Les agriculteurs voient leur espérance de vie augmenter. Celle-ci reste supérieure à la moyenne. Un agriculteur âgé de 35 ans entre 2009 et 2013 vivra en moyenne jusqu’à 81,2 ans. Soit une progression de pratiquement 2 ans par rapport la période précédente (2000-2008).
  • Les troubles musculo-squelettiques représentent neuf cas de maladies professionnelles sur dix. Les parties du corps les plus fréquemment touchées chez les agriculteurs sont les membres supérieurs (mains, épaules, coudes, poignets) et le dos.
  • Les accidents du travail chez les producteurs sont pour l’essentiel liés aux activités avec les animaux et le matériel agricole. Ainsi, 20,5 % des accidents recensés sont dus aux animaux et 18,8 % aux machines et matériels utilisés, très loin devant les produits chimiques et de traitement, l’électricité et les éléments atmosphériques (poussières, fumées, etc.). Cet ensemble de risques représentant 3,3 % des accidents du travail des exploitants.

Focaliser l’attention sur les pesticides : une communication démagogique pour masquer les conséquences pour les agriculteurs de la perte de compétitivité de leurs exploitations

Pour 2013, la maladie de Parkinson provoquée par des pesticides représente 1,7 % du total des maladies professionnelles chez les agriculteurs. Et depuis 2003, sur 44 000 cas de maladies professionnelles, le nombre de cas liés aux produits phytosanitaires est de 47 soit              1 cas pour 1 000. De ces données, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, tire deux conclusions :

  • Ces chiffres sont particulièrement rassurants ; il n’y aucune épidémie de cancers due aux pesticides comme l’indiquent régulièrement les publications Agrican.
  • Il n’y a aucune « omerta » sur les pesticides, contrairement à ce que déclarent certaines ONG, relayées avec complaisance par les media.

Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, « alors que la campagne électorale en vue des élections présidentielles et législatives monte en puissance, on assiste à une surenchère médiatique de la part de certaines ONG et personnalités sur la question des pesticides. L’usage des produits phytosanitaires n’est pas l’alpha et l’oméga des enjeux de la filière. Ce qui doit préoccuper tous les Français, c’est la décroissance de la production nationale. A cela s’ajoute le « discours qui est plus le vert ? » d’acteurs de la grande distribution, ayant pour effet de superposer une nouvelle couche de contraintes à celles déjà mises en œuvre par les producteurs. »

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes mettra tout en œuvre pour faire entendre la voix des producteurs auprès des candidats. Il les invite d’ores et déjà à solliciter les agriculteurs conventionnels et bio pour des visites d’exploitations. Ils y verront le vrai travail accompli, notamment pour l’amélioration des conditions de travail, l’intégration de nouvelles technologies ainsi que pour l’utilisation des solutions éprouvées et efficaces de protection des cultures.

 

 

 

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Communiqué de presse

 

Enquête « EXPPERT 9 » sur les perturbateurs endocriniens : Générations Futures prend en otage l’opinion

 

A quand une réaction des autorités sanitaires et politiques face à ces publications sans aucun fondement scientifique ?

Paris, le 23 février 2017 – Alors que l’association écologiste Générations Futures vient de publier une énième « enquête » sur la présence de perturbateurs endocriniens présents dans les cheveux de 7 personnalités politiques et écologistes, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France exige des autorités sanitaires une réaction ferme afin de rétablir la vérité scientifique auprès des Français.

Sur cette enquête, voici les faits que nous pouvons d’ores et déjà dénoncer :

– La liste des substances phytosanitaires qualifiées de « perturbateurs endocriniens », servant de base à cette analyse, n’est aucunement reconnue par la communauté scientifique (base militante et d’origine américaine Tedx). Plus précisément, les 150 pesticides recherchés par Générations Futures sont loin d’être tous des perturbateurs endocriniens, comme le sous-entend l’association.

– Contrairement à ce qui est annoncé, la plupart des substances recherchées sont, soit non détectées, soit en dessous de la limite de quantification.

-Les substances qui se retrouvent en « plus grande » quantité sont :

  • L’allethrine qui est un anti-moustique à faible toxicité pour l’homme.
  • La permethrine qui est un produit médical pour lutter contre la gale chez l’homme.
  • Le fipronil et le propoxur qui sont à usage vétérinaire pour lutter contre les puces et tiques chez le chien et le chat. Ajoutons que le fipronil n’est plus utilisé en agriculture depuis 2004.

– Il manque à cette analyse la recherche de substances unanimement reconnues comme dangereuses comme le tabac, les stupéfiants, l’alcool, etc. Faut-il rappeler que les analyses de cheveux sont parfaitement pertinentes pour la recherche de ce type de composants ?

« Alors qu’en Allemagne, le BfR (équivalent de l’ANSES) a réagi très clairement il y a quelques semaines face à de fausses allégations lancées par un journal allemand, le collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France demande au plus vite une prise de position forte de la part de l’ANSES sur ces pseudos enquêtes sans aucun fondement scientifique et qui trompent le grand public.

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