Hausse de l’usage des pesticides, vraiment ?

Le 8 janvier 2020 – Alors que le gouvernement vient de publier les chiffres des volumes de vente des produits phytopharmaceutiques pour 2018, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France appelle à la plus grande prudence face aux interprétations caricaturales de ces données.

Certaines associations environnementalistes ont communiqué sans vergogne ce matin sur une augmentation massive des ventes de pesticides en France en 2018. Sans même reprendre les éléments d’explication donnés par le gouvernement dans sa communication : « Cette évolution paraît liée à une anticipation des achats en fin d’année 2018, en prévision de l’augmentation de la redevance pour pollution diffuse qui taxe les substances les plus préoccupantes au 1er janvier 2019[1] ». Il s’agit bien d’achat et non d’utilisation. Il y a là une première confusion.

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France constate que les ventes de cuivre et de soufre, produits bio utilisables en agriculture conventionnelle comme en AB, augmentent encore malgré leurs impacts sur l’environnement, faute d’alternatives efficaces.

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France précise également que ce ne sont pas des incantations qui feront baisser l’usage des pesticides en France. La recherche d’alternatives doit être réelle et doit fournir aux producteurs des solutions économiquement viables.

Enfin, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France rappelle que tous les producteurs de fruits et légumes sont des professionnels qui savent jour après jour maîtriser l’exposition aux produits phytosanitaires pour un risque zéro pour les consommateurs finaux !


[1] https://agriculture.gouv.fr/ecophyto-et-sortie-du-glyphosate-le-gouvernement-renforce-la-transparence-et-mobilise-lexpertise

« Interdire les pesticides de synthèse » : un leurre


Une fausse bonne idée qui fait croire que les pesticides naturels seraient inoffensifs.
 
Le 26 novembre 2019 – Plusieurs associations environnementalistes ont lancé ce lundi une Initiative Citoyenne Européenne (ICE) visant à interdire les pesticides de synthèse dans l’Union européenne d’ici 15 ans. Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, cette action purement militante qui ne tient évidemment aucun compte de la réalité du terrain est un nouveau leurre jouant sur la crédulité du grand public à l’égard du discours de ces mêmes associations.
 
Le discours est bien rodé. « Catastrophique », « disparition massive des insectes et de leurs prédateurs » : alors que l’agriculture française est l’une des plus performantes au monde au point de vue environnemental, les porte-paroles de ce mouvement n’hésitent pas à utiliser les qualificatifs les plus alarmants pour qualifier notre situation agricole.
Comme par magie, la solution pour résoudre cette situation serait pourtant très simple, selon Générations Futures, Greenpeace, FNE, etc. : « interdire les pesticides de synthèse d’ici 2035 ». Ces associations spécialisées dans le marketing de la peur le plus agressif font semblant d’oublier deux faits majeurs :
Si les agriculteurs pouvaient se passer des pesticides de synthèse, cela fait bien longtemps qu’ils l’auraient fait. Oser affirmer comme Nadine Lauverjat de l’association Générations Futures que « l’exemple français des 3 000 fermes Dephy engagées dans des pratiques économes en pesticides montre que c’est possible »[1] est une formulation abusive. Dans le cadre de ce programme Dephy ecophyto où les systèmes de production ont été poussés à leur maximum, la réduction n’a été possible que de 25% en arboriculture, de 38% en cultures légumières et seulement de 14% en grandes cultures[1] !
Et les pesticides d’origine naturelle ou minérale autorisés également en agriculture biologique n’en sont pas moins toxiques pour l’homme ou l’environnement, tel le cuivre dont certains sols viticoles subissent encore les dégâts d’une utilisation irraisonnée.
Faut-il aussi compter les surplus de carburant employés lors de multiples passages supplémentaires sur les cultures pour compenser la suppression des molécules de synthèse ? Comme souvent, la communication des associations environnementalistes ne reflète aucunement la réalité mais une agriculture « rêvée », « celle de nos grands-parents », celle qui arrivait tout juste à nous nourrir… Elle montre enfin une incompétence grave sur le plan scientifique : elle oublie que si un produit peut être dangereux, il ne présente pas forcément de risque, c’est le cas de l’eau de javel ! Un enfant de 6 ans est capable de comprendre…

[1] https://www.lefigaro.fr/flash-eco/lancement-d-une-petition-europeenne-pour-interdire-les-pesticides-de-synthese-20191125

[1] https://agriculture.gouv.fr/infographie-le-plan-ecophyto-en-chiffres

Maladies fongiques : les producteurs de fruits et légumes redoutent une nouvelle année compliquée

Maladies fongiques : les producteurs de fruits et légumes redoutent une nouvelle année compliquée

Le 12 juin 2019 Les producteurs de fruits et légumes s’en souviennent : 2017 est une année référence en termes de prolifération des maladies fongiques. Alors que les années chaudes et humides vont être de plus en plus fréquentes, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France pose la question suivante : sera-t-il possible demain, avec de moins en moins d’outils de protection des cultures, de produire des fruits et légumes français à la qualité sanitaire irréprochable ?

Pour les producteurs de fruits et légumes, 2017 reste une année noire : pluies intenses, fortes chaleurs et irrémédiablement la prolifération à un degré inédit de maladies fongiques sur leurs cultures conventionnelles et bio. Approvisionner les Français avec des fruits et légumes bons et sains a constitué un véritable défi.

Dans ces conditions, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France interroge les pouvoirs publics : auront-ils demain à leur disposition l’ensemble des outils nécessaires à la lutte contre les maladies fongiques, qu’ils soient de synthèse (triazoles, strobilurines, SDHI, etc.) ? ou naturels ? (soufre, cuivre, etc.). Seront-ils clairement soutenus dans leurs choix agronomiques ? Auront-ils la visibilité règlementaire nécessaire sur l’emploi des substances phytosanitaires pour se lancer dans de lourds investissements ?

Rappelons-le, les maladies fongiques (mildiou, pourritures, etc.) peuvent occasionner des pertes de rendement considérables ainsi qu’une forte diminution de la qualité des récoltes. Certains champignons comme la tavelure ont même la capacité de s’adapter en contournant les stratégies de lutte mises en œuvre par les agriculteurs : variétés tolérantes, substances phytosanitaires en agriculture conventionnelle ou biologique.

Les mycotoxines associées à la présence de certains champignons peuvent également être très toxiques pour les consommateurs. Une trentaine de ces toxines naturelles émises par des champignons pathogènes sont préoccupantes pour la santé de l’Homme, en particulier pour les populations sensibles (enfants en bas âge, femmes enceintes, etc.) du fait de leurs propriétés cancérigènes, reprotoxiques ou encore perturbatrices endocriniennes.

Les producteurs de fruits et légumes, malgré des conditions de travail, commerciales et réglementaires de plus en plus exigeantes sont toujours prêts à relever le défi. Mais ils ne se contenteront pas de déclarations de bonnes intentions de la part du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. La protection phytosanitaire est l’un des domaines sur lesquels ils attendent des mesures concrètes ! Pour protéger les productions de fruits et légumes françaises, il est donc impératif de soutenir le développement de la recherche scientifique. Objectif : faire émerger de nouvelles solutions et de nouveaux outils pour protéger les récoltes contre les attaques fongiques. Il n’est en effet pas possible de se priver de solutions existantes sans alternatives testées et validées, et à l’innocuité prouvée par les autorités sanitaires.

Pesticides dans les fruits et légumes : nos produits sont sains !

Communiqué de presse

 

Pesticides dans les fruits et légumes : nos produits sont sains !

 

Le 6 juin 2019 – Dans un nouveau « rapport » publié aujourd’hui, l’association anti-pesticides Générations Futures prétend alerter sur l’omniprésence de pesticides dans les fruits et légumes commercialisés et consommés en France. En réalité, ce « rapport » ne fait que confirmer ce que l’on sait depuis des années : la quasi-totalité des fruits et légumes que nous consommons sont sains.

Pour son rapport, Générations Futures reprend les données publiques collectées par la DGCCRF sur 6 années (2012 à 2017), soit 13 000 analyses au total. Parmi les conclusions de l’association : « Sur les 6 années, ce sont en moyenne 71,9% des échantillons de fruits qui contenaient des résidus de pesticides avec 2,9% de dépassement de la Limite Maximale en Résidus (LMR). Pour les légumes, la moyenne est de 43,3% des échantillons concernés et 3,4% de dépassement de LMR. »

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France en déduit donc que 97,1% des fruits sont conformes aux seuils réglementaires ainsi que 96,6% des légumes. Des chiffres parfaitement cohérents avec les dernières données de l’autorité sanitaire européenne, l’EFSA, qui pour 2016 relevait que sur près de 85 000 échantillons analysés et 791 pesticides recherchés, « 96,2 % [des fruits et légumes analysés] se situaient dans les limites autorisées par la législation de l’UE et 50,7% ne comportaient aucun résidu quantifiable. »[1]

Le Collectif Sauvons les Fruits et légumes de France relève une nouvelle fois que Générations Futures se complait dans une communication alarmiste à partir de données tout à fait rassurantes. Une stratégie de « marketing de la peur » qui dessert totalement les consommateurs comme les producteurs.

[1] https://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/180725

Pesticides : la France championne du monde des dérogations ?

Communiqué de presse

 

Pesticides : la France « championne du monde des dérogations » ?

Vraiment ?

 

Paris, le 24 mai 2018 – Il y a quelques jours, en marge d’une rencontre avec Nicolas Hulot, le député européen Eric Andrieu, président de la commission parlementaire spéciale sur la procédure d’autorisation des pesticides dans l’Union a déclaré : « Avec 58 demandes, contre une moyenne de moins de 10 dans l’UE, la France est championne des dérogations accordées en Europe ! ». Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France dénonce cette conclusion hâtive, qui dénote plus du militantisme que d’une analyse objective de la situation.

 

Cette communication liée à une rencontre avec le Ministre de la transition écologique et solidaire avait un seul objectif très politique : affaiblir le rôle et la mission du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation. Les dérogations sont en effet accordées par ce ministère, règle que plusieurs associations environnementalistes veulent bouleverser.

Les dérogations sont accordées pour de courtes périodes (120 jours maximum) et souvent dans l’urgence pour répondre à des enjeux techniques. Il s’agit bien souvent d’étendre la possibilité d’utiliser un produit phytopharmaceutique déjà autorisé pour un usage (culture et cible) à un autre usage. Dans tous les cas, les dérogations ne peuvent porter que sur des produits commerciaux déjà autorisés et sur des substances homologuées au niveau européen. Le secteur de l’agriculture biologique est aussi concerné par ce dispositif réglementaire (16 dérogations en 2018), notamment pour des produits donc les propriétés toxicologiques ne sont pas toujours anodines (spinosad, azadirachtine…).

Dans son argumentation, le député Eric Andrieu insiste sur la différence du nombre de dérogations demandées en comparaison à certains pays comme l’Espagne. En réalité, cette situation ne fait que révéler les distorsions réglementaires qui existent en Europe. Dans ces pays, des produits sont autorisés sur de nombreux usages alors qu’ils ne le sont pas en France.

Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, les dérogations sont indispensables certaines années pour la survie économique de milliers d’exploitations agricoles. De même, sur les enjeux environnementaux et de sécurité sanitaire, il est indispensable de disposer d’un dispositif juridique d’extension d’usage encadré et respecté par les producteurs plutôt que des extensions « sauvages » comme cela se produit malheureusement trop souvent dans certains pays européens.

Suppression de produits phytosanitaires : quelles conséquences pour la production de fruits et légumes en France ?

Publication de l’étude d’impact sur la suppression des produits phytosanitaires

 

Suppression de produits phytosanitaires : quelles conséquences pour la production de fruits et légumes en France ? 

12 productions passées au peigne fin

Paris, le 25 avril 2018 – Alors que le gouvernement[1] réunit ce matin les acteurs agricoles pour présenter sa feuille de route « sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides », le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France publie une nouvelle étude d’impact sur la réduction de produits phytosanitaires disponibles dans les productions de fruits et légumes.

Noix, pommes, pêches, oignons, poireaux, pour son étude d’impact 2018, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France a sélectionné 12 productions représentatives du savoir-faire des producteurs français. Savoir-faire aujourd’hui menacé par de nombreuses impasses techniques parfaitement connues de l’administration.

Dans ce contexte, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France s’inquiète des annonces qui seront faites par le gouvernement ce matin. Enlever de nouvelles briques à l’édifice de la protection phytosanitaire reviendrait pour beaucoup de producteurs à ne produire que les bonnes années (aux conditions climatiques favorables) voire à mettre la clé sous la porte. Ce désarmement de la protection phytosanitaire engagé par les autorités est particulièrement préoccupant en ce qui concerne les risques nouveaux à caractère invasif[2], ou liés à la réémergence d’anciens risques (Drosophila suzukii en cerises, cynips du Châtaignier, bactérie Pseudomona syringae pv. Actinidiae pour les productions de kiwi).

 

Une dérive démagogique

Les producteurs sont particulièrement stupéfaits de la négation croissante de l’expertise des agences officielles d’évaluation française (ANSES) et européennes (EFSA, EChA) par les instances politiques. Celles-ci décident désormais de l’autorisation ou non d’une substance phytosanitaire en fonction de critères non scientifiques : contexte politique, pressions d’associations environnementalistes militantes, opinion publique du moment. La confusion porte également sur les notions de danger et de risque que l’on pensait définitivement acquises.

La deuxième dérive est une approche technocratique du retrait des substances phytosanitaires qui ne tient pas compte des productions. Les études d’impact sont quasiment inexistantes, bien que la loi issue du Grenelle de l’environnement impose ce type d’étude pour le secteur des fruits et légumes. Paradoxalement, la suppression d’une substance peut avoir pour conséquence l’emploi de plus de produits phytosanitaires !

 

Des productions en régression, une balance commerciale en déficit

La production française de fruits et légumes a naturellement régressé depuis de nombreuses années. La compétitivité des exploitations est en berne. Conséquence, la consommation française devient de plus en plus dépendante des importations. La balance commerciale française est déficitaire en fruits et légumes frais de l’ordre de 4 milliards d’euros en 2017 (2,86 milliards d’euros pour les fruits et 1 milliard d’euros pour les légumes). Pour de nombreux secteurs, la lente régression se poursuit à l’exemple des surfaces de vergers de pêchers/nectariniers : -13 % entre 2011 et 2016 ; les importations représentent 3 fois la production.

Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, seul un changement radical d’approche des débats sur la protection des cultures permettra de sauver les productions. Ce nouveau paradigme doit impérativement inclure les étapes suivantes : identification des risques et des enjeux production par production, définition de la boite à outils adaptée (prévention, lutte biologique, etc.) et, si nécessaire emploi de substances phytosanitaires dans des conditions clairement définies.

[1] Stéphane TRAVERT, ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Nicolas HULOT, ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire, Agnès BUZYN, ministre des solidarités et de la santé, et Frédérique VIDAL, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation

[2] https://www.terre-net.fr/actualite-agricole/economie-social/article/autour-de-la-mediterranee-les-agrumes-risquent-de-disparaitre-202-137119.html

Étude d’impact téléchargeable ici

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Pesticides : trop d’impasses réglementaires

Produire des  pommes, de la mâche, des radis ou encore des melons exige un grand savoir-faire. Car il faut tenir compte des saisons, de la météo et des aléas du climat, des maladies comme le mildiou ou l’oïdium, des parasites, du  redoutable vol des mouches par exemple…  Bref, d’un certain nombre de contraintes sur lesquelles nous n’avons pas forcement prise. Nous mettons tout en œuvre pour  produire des fruits et légumes bons, beaux, sains et respectueux de l’environnement. C’est ainsi que nous  sommes engagés  dans des démarches de progrès et de qualité. Si la préservation de la qualité des fruits et légumes est un engagement de tous les jours pour le producteur, l’utilisation de produits de protection n’est, en revanche, pas systématique et doit continuer à être toujours plus raisonnée grâce à l’innovation (outils d’aide à la décision, recherche de nouvelles molécules, formation des producteurs). La protection de nos cultures obéit à une réglementation très stricte. Les normes auxquelles sont soumises les producteurs sont drastiques.  MAIS : le durcissement de la réglementation en matière de protection des cultures et le mille-feuilles réglementaire français et européen plongent trop souvent les agriculteurs biologiques et conventionnels dans des impasses techniques.

STOP AU MILLE-FEUILLES REGLEMENTAIRE

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France a pour objectif d’alerter les pouvoirs publics et le grand public sur les difficultés de leur métier. Dans cette optique, nous mettons à jour régulièrement une étude d’impact soulignant les impasses des différentes cultures françaises. Comme le souligne WWF : « Les pesticides, c’est comme les antibiotiques … c’est pas automatique ». Mais il ne viendrait à l’idée de personne d’interdire purement et simplement ces médicaments. Il est normal de les utiliser pour soigner un être humain. Sa guérison est une affaire d’équilibre : le patient fait alors confiance au juste dosage du médecin. Pour les végétaux comme les fruits et légumes, il en va de même, sous peine de perdre toute la récolte. Produire des fruits et légumes est un art. Encore faut-il que les artistes puissent continuer à exercer cet art en France !