Pétition contre la loi Duplomb : un débat de plus mais toujours pas de réponse pour les filières
Paris, le 11 février 2026 : Pour une première institutionnelle – l’examen en séance publique d’une pétition – rien de nouveau n’est vraiment sorti hier du débat sur la « Loi Duplomb ». Un débat très long, quelques prises de paroles courageuses, des annonces qui n’en sont pas vraiment et beaucoup d’idéologie écologiste. Mais, au bout du compte, le même constat : les filières agricoles en difficulté attendent toujours des réponses opérationnelles.
Courage, fuyons
Dans l’hémicycle, les chiffres ont été rappelés : 65 % de la récolte française de noisettes détruite en 2024 par le balanin et la punaise diabolique ; quatre sucreries et distilleries fermées depuis 2023 dans la filière betteravière ; des coûts de protection multipliés par dix pour les cerises ; des arboriculteurs confrontés à des ravageurs sans solution efficace. Des députés de plusieurs groupes ont ainsi dénoncé l’absurdité d’un système qui interdit en France ce que nous importons massivement.
A la suite des propos de Maud Bregeon, qui sous la pression écologiste laisse entendre le matin même que le gouvernement ne soutiendrait pas la nouvelle proposition de loi sénatoriale visant à réautoriser les néonicotinoïdes autorisés en Europe, Annie Genevard n’a pas répondu clairement sur son soutien ou non. Habilement, elle a renvoyé vers le Conseil d’Etat qui doit rendre son avis sur le texte suite à sa saisine par le Président du Sénat, Gérard Larcher.
Des annonces, encore des annonces
Le Gouvernement a mis en avant une série de mesures : création d’une brigade de contrôle des denrées importées de plus de 100 agents, préservation du PARSADA à hauteur de 50 millions d’euros, triplement du fonds hydraulique, 3 millions d’euros pour la noisette, 40 millions pour les grandes cultures, 130 millions pour la viticulture, poursuite des « mesures miroirs » et prise de position pour un processus européen d’autorisation de mise sur le marché des produits phytosanitaires. Mais ces décisions (qui ne sont pas nouvelles) ne répondent pas à la question centrale : comment permettre, ici et maintenant, aux producteurs confrontés à des ravageurs, sans alternative efficace, de continuer à produire ? Car multiplier les lignes budgétaires ne compense pas l’absence de solutions techniques.
Aussi, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France appelle le Gouvernement à sortir de l’ambiguïté, et formule des demandes concrètes :
- Un soutien clair et assumé aux agriculteurs, qui ne peuvent plus être les variables d’ajustement d’arbitrages politiques permanents ;
- Un soutien aux parlementaires qui défendent les filières agricoles et font l’objet de pressions ou de menaces ;
- Une solution juridiquement sécurisée pour l’autorisation en France de l’acétamipride, du sulfoxaflor et de la flupyradifurone ;
- Une politique de l’eau cohérente et pragmatique, permettant aux exploitations d’accéder aux ressources nécessaires pour produire dans un contexte de dérèglement climatique ;
- Un engagement national en faveur de la consommation de produits français, en frais et en transformé.
