Un secteur majeur de l’économie en danger

L’Europe s’est engagée sur la voie d’une réduction drastique des produits phytosanitaires. Ainsi, depuis de nombreuses années, le nombre de molécules autorisées a considérablement diminué, par étapes successives (exemple en 2008 : 30 substances retirées du marché[1]). Entre les années 90 et aujourd’hui, près 67 % des substances ont été retirées du marché. Actuellement, le nombre de substances autorisées en France est inférieur à 300.

Un secteur fragile

Source : http://www.pleinchamp.com/actualites-generales/actualites/autorisations-phyto-le-grand-nettoyage

Si les intentions sont louables, aucune étude d’impact réelle sur les filières de production des fruits et légumes n’a été réalisée. Les producteurs de fruits et de légumes partagent l’objectif de réduction d’utilisation de produits phytosanitaires. Ils demandent une étude d’impact pour tout le secteur lors de retrait de substances ou de produits phytopharmaceutiques.

 

Les études d’impact préalables sont indispensables

Les réductions passées ont déjà fait apparaître pour les producteurs des impasses techniques. Si des adaptations ont été possibles, la mise en œuvre d’une nouvelle réduction développerait le nombre d’impasses techniques, avec une conséquence : réduire l’offre de fruits et légumes en frais.
Cette réduction de l’offre conduira à une désorganisation technique et économique des filières au niveau européen. Selon les productions et à des degrés variables, la suppression de matières actives essentielles à la production se traduira par une baisse des rendements et/ou une augmentation des charges de production. Une diminution de la productivité et une augmentation des coûts de production, constituent un scénario économique réaliste avec pour résultat :
pour les consommateurs, la hausse des prix
et pour les producteurs, une baisse de la compétitivité.

La réglementation ne doit pas plonger les producteurs dans des impasses : variation des volumes produits, fragilité accrue des opérateurs,…, se traduiront dans le temps par une diminution de l’offre (volume et durée) et à détourner les consommateurs de l’approvisionnement en frais. Les impasses doivent être analysées en amont. C’est l’objectif des études d’impact.

L’orientation actuelle, la suppression de toute protection pour des productions, fait prendre le risque de réduire à néant la production de fruits et légumes certaines années. Ce risque est en totale contradiction avec les efforts conduits par les professionnels de régularisation de la production pour assurer un approvisionnement régulier ou constant des marchés d’une année sur l’autre. Cet approvisionnement régulier ou présence dans la durée sur les marchés constitue la base des liens contractuels entre les acteurs du marché (production/distribution).

[1] Source : http://www.actu-environnement.com/ae/news/phytosanitaire_grenelle_barnier_substance_pesticide_4374.php4

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