A propos du bio

Les parasites et les maladies sont malheureusement les mêmes pour l’agriculture conventionnelle, raisonnée ou biologique ! L’agriculture biologique nécessite un contexte pédoclimatique favorable (climat et sol). Le bio est difficile dans certaines régions, plus facile dans d’autres (c’est ainsi que la Drôme est le premier département bio de France). Ensuite, il y a des années où les conditions sont malheureusement propices au développement des maladies dans les cultures. 2016 par exemple, a été une très mauvaise année. Températures douces, pluies abondantes à partir de mai, le mildiou a trouvé cette année-là des conditions idéales pour faire des ravages. Des viticulteurs bio ont témoigné de leurs difficultés de maintenir des raisins sains, base incontournable pour produire des vins de qualité. A cette occasion, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France s’est d’ailleurs interrogé, dans le cadre de la révision du règlement bio, sur la pertinence d’une autre approche concernant la protection phytosanitaire dans cette filière. Les contraintes peuvent être contre-productives.

L’éventail des produits antiparasitaires qui n’est déjà pas très large dans le bio se réduit également en raison de la réglementation : suppression de molécules comme la roténone, limitations de l’usage du cuivre et des huiles issues de l’industrie pétrolière (huile blanche).

Produire tout bio, c’est donc accepter de fortes variations possibles de la production. En clair : une année avec, une année sans production. C’est un risque évident mais variable selon les cultures ou selon les années climatiques. La pression du mildiou sur la pomme de terre est si forte que sans protection phytosanitaire, la culture serait impossible en France une année sur deux. Le consommateur n’aurait donc pas de pommes de terre à manger ! C’est une réalité que nous enseigne malheureusement l’histoire. Nous avons tous en tête l’exemple dramatique de la famine en Irlande au XIXe siècle due à cette maladie sur pomme de terre. Autre exemple : l’ergot du seigle qui a refait sa réapparition ces dernières années notamment dans les productions biologiques de céréales et qui est à l’origine de plusieurs intoxications alimentaires.

La production bio pourra se développer et assurer un revenu aux producteurs si en même temps la production conventionnelle constitue un filet de sécurité pour l’approvisionnement des marchés. Les prix payés au producteur en bio sont plus élevés qu’en production conventionnelle et heureusement : la production est plus faible, les rendements nettement moins élevés, le besoin en main d’œuvre est plus important…  La situation en termes de prix est favorable actuellement pour le bio, tant que la demande sera supérieure à la production.


Des pesticides « naturels » fabriqués grâce à des pesticides de synthèse ?

Des substances classifiées comme biologiques sont synthétisées à partir de plantes cultivées en Afrique de l’est et en Papouasie Nouvelle-Guinée dans des conditions sociales et phytosanitaires douteuses.

L’exemple du pyrèthre est significatif. Les journalistes se sont-ils interrogés sur les conditions de production et d’extraction de cet insecticides bio, qui est aussi un tueur d’abeille patenté. Cet insecticide bio est d’utilisation obligatoire notamment contre l’insecte vecteur de maladies pour la vigne, la cicadelle. 

Source : https://erwanseznec.wordpress.com/2016/10/12/comment-le-bio-externalise-les-pesticides-conventionnels-chez-les-pauvres-121016/


 

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