Les pépins de la pomme
Faut-il le rappeler ? La pomme est le fruit préféré des Français. Ils en consomment près de 20 kg par an et par ménage sous toutes leurs formes ! Environ 35% des pommes produites en France sont destinées au marché français, 35% dont destinées à l’exportation, le reste à la transformation (source : section nationale pomme. www.lapomme.org).
La pomme est la première production fruitière française, avec près de 2 millions de tonnes produites chaque année. A ce jour, la France est le 2° pays producteur de l’UE à 15, derrière l’Italie et le troisième si on prend les 27 Etats membres (Pologne n°1).
L’éclaircissage : une obligation dans les vergers
L’éclaircissage des pommiers est indispensable. Il s’agit une technique utilisée dans toutes les exploitations. Elle vient en complément de la chute naturelle des fruits au printemps. Elle permet d’obtenir une production de pommes de qualité (teneur en sucre), belles (calibre et coloration) et respectueuses de l’environnement.
La technique consiste à :
- faire tomber le nombre nécessaire de fruits pour obtenir un calibre satisfaisant pour le consommateur. On évite ainsi d’obtenir des pommes de trop petit calibre à la récolte.
- garder d’une année sur l’autre des récoltes régulières pour éviter ce que l’on appelle les phénomènes d’alternance (c’est-à-dire une non production l’année suivante).
Constat :
Le producteur met en œuvre un programme en utilisant des molécules et complète l’éclaircissage de manière manuelle. Les molécules Ethéphon (nom commercial PRM12) et Carbaryl (nom commercial Sevin 85) utilisées pour l’éclaircissage seront interdites en 2008. Restent alors deux produits à base d’acide NAD et ANA. Mais ceux-ci ne sont pas efficaces si utilisés seuls.
Conséquences :
1- L’éclaircissage devra être réalisé de manière manuelle. Le temps d’éclaircissage manuel devra alors être augmenté dans des proportions décuplées.
2- La main d’œuvre nécessaire passera de 50-80 heures/hectare à 300-500 heures/hectare.
3- L’année suivante, on assistera à un phénomène d’alternance.
4- Le prix de revient d’un kilo de pomme pour le producteur augmentera de 25% en 2008 et de 50% en 2009 (en raison du phénomène d’alternance). Le prix de revient actuel est de 40 centimes pour le producteur (hors frais de conditionnement), il passera à 50 centimes en 2008 puis à 60 centimes en 2009.
5- Comment être compétitif avec une telle augmentation des prix en face de producteurs issus de pays avec de faibles coûts de main d’œuvre ? Le consommateur français se tournera naturellement vers des importations.
6- C’est la faillite programmée de la production française de pommes.
NB: la production de pomme doit faire face également aux maladies cryptoganiques comme la tavelure ou l’oïdium ainsi que des ravageurs comme les pucerons ou le carpocapse (ver de la pomme). Les nombreuses suppressions de molécules ne permettront plus de protéger les récoltes et conduiront immanquablement à l’anéantissement du verger de pommiers.