La faillite de la mâche
La fin d’une culture terroir
La disparition de la production de mâche en France représenterait une perte inestimable. Car la mâche est un produit local de terroir. La région Pays de la Loire, et plus particulièrement le bassin nantais, est la première productrice européenne de mâche, loin devant l’Allemagne. Elle représente 85% de la production nationale, principalement de septembre à avril, soit environ 24.000 tonnes auxquelles il faut ajouter un peu plus de 6.000 tonnes l’été, pour les structures organisées. La production totale est estimée à 32.000 tonnes, les exportations représentent plus de 45% des débouchés et l’Allemagne est le premier pays destinataire. La mâche est la première production maraîchère en région nantaise. Les surfaces développées concernées par cette production progressent tous les ans. 140 exploitations sont concernées par la production de mâche.
En région nantaise, l’activité maraîchère occupe 3.100 emplois temps plein, dont 1.250 salariés permanents et 4.100 ouvriers saisonniers. Une majorité des producteurs cultivent de la mâche dans leurs exploitations. A ces exploitations, il faut aussi ajouter 23 ateliers de conditionnement.
Constat :
A la vente, la présence de brins d’herbe dans une barquette est considéré comme un corps étranger et déclasse le produit. Il ne peut être vendu.
Le Métobromuron (nom commercial : Patoran) est la seule et dernière molécule autorisée permettant un désherbage efficace et respectueux de l’environnement. Elle sera interdite d’utilisation à partir du 31 décembre 2007.
Conséquences :
1- Les producteurs doivent envisager de désherber en atelier de lavage et conditionnement : le désherbage manuel au champ et le tri automatique étant strictement impossible.
2- La mise en place d’un tri manuel diminue les cadences de lavage par 5 et multiplie par 2 le personnel sur les tables de tri, occasionnant un surcoût d’environ 0.60€/kg pour la main d’œuvre (200kg/heures avec 8 personnes) sans compter l’amortissement de chaînes de lavage et bâtiments supplémentaires nécessaires pour absorber la production actuelle (30.000 T/an).
3- Comment être compétitif avec une augmentation de plus de 30% du prix de revient face à la concurrence internationale (le prix de revient pour le producteur passant de 1,80 euros le kg en moyenne à 2,40 euros !) ?
4- C’est la faillite de production française de mâche.

