Protéger ses cultures deviendra-t-il bientôt un acte illicite ?

Communiqué de presse

 

Consultation publique nouvelle mouture de l’arrêté du 12 septembre

Protéger ses cultures deviendra-t-il bientôt un acte illicite ?

 

Paris, le 2 février 2017 – Alors que la nouvelle mouture de « l’arrêté du 12 septembre » est ouverte à consultation depuis quelques jours sur le site du Ministère de l’agriculture[1],  le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France dénonce l’inapplicabilité et l’absurdité de cette réglementation imposée aux producteurs biologiques et conventionnels.

En dehors de quelques modifications à la marge, le « projet d’arrêté relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants » n’est qu’une actualisation des dispositions de l’arrêté du 12 septembre 2006.

Déjà dénoncées par la filière fruits et légumes en son temps, ces dispositions ne changent rien fondamentalement aux règles absurdes déjà existantes. Personne n’a par exemple envisagé au ministère de l’agriculture que dans certaines régions françaises, un producteur qui commence à traiter ses cultures par un vent en deçà de 19 km/h peut soudainement être confronté à un vent à 20 km/h…et donc se retrouver dans l’illégalité. Faut-il également rappeler l’expérimentation de l’Association Nationale Pommes Poires conduite en 2009 [2], qui concluait à la perte totale de récolte en appliquant strictement l’ensemble de la réglementation.

Pour le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France, ce projet d’arrêté ne reflète qu’une vision franco-française restrictive de l’usage des produits phytosanitaires. Notre pays considère que l’utilisation d’un produit phytosanitaire de synthèse ou agréé en l’agriculture biologique est à priori un acte potentiellement illicite.  Unique au sein de l’Union Européenne, ce type de règles juridiques est l’exemple même de surrèglementation, fruit de campagnes de dénigrement et d’une vision idéaliste de la production de fruits et légumes.

[1] http://agriculture.gouv.fr/projet-darrete-relatif-la-mise-sur-le-marche-et-lutilisation-des-produits-phytopharmaceutiques-et-de

[2] Association Nationale Pommes Poires, Le verger témoin :  expérimentation grandeur nature entre la législation et les pratiques, 2009

Perturbateurs endocriniens dans l’eau : Les 4 péchés par omission de Générations Futures


Communiqué de presse

 

Perturbateurs endocriniens dans l’eau :

Les 4 péchés par omission de Générations Futures

 

Pourquoi la dernière « enquête » de l’ONG militante ne vaut rien sur le plan scientifique.

 

Paris, le 13 janvier 2017 – L’association environnementaliste Générations Futures vient de publier un énième volet de son enquête EXPPERT portant sur les perturbateurs endocriniens dans l’eau. Résultat : une position caricaturale du fait de l’omission sciemment pensée de données clés.

Donnant comme d’habitude une ampleur médiatique disproportionnée à son enquête, Générations Futures ne fait que reprendre des données déjà existantes et publiques mais en les sélectionnant soigneusement. Résultat : un discours tronqué.

L’analyse (qui tient sur seulement 5 pages !) pèche par 4 omissions majeures :

1- Générations Futures ne retient tout d’abord que les « pesticides de synthèse » et omet les substances préoccupantes pour l’environnement ou la santé des Français : résidus de médicaments, contraceptifs, métaux lourds (comme le zinc, le plomb, le cuivre, chrome, le nickel[1]), PCB, dont on peut directement observer la présence dans tous les types d‘eau.

2- L’ONG « oublie » également des molécules naturelles aux propriétés endocriniennes reconnues utilisées en agriculture biologique comme l’azadirachtine (huile de neem, insecticide à large spectre et perturbateur endocrinien) qui est susceptible de rejoindre très facilement les ressources en eau et est toxique pour les organismes aquatiques.

3-Toujours dans le ton catastrophiste, dans les quelques lignes concernant l’eau du robinet (celle que nous buvons tous les jours !), Générations Futures ne fait un zoom que sur les eaux épisodiquement « non conformes », qui concernent au maximum 6 % de la population française[2].

4- En septembre 2016, le ministère de l’environnement observait une amélioration structurelle de la qualité des eaux sur le critère « pesticides »[3], aucune trace dans le dossier de Générations Futures.

Pour le Collectif Sauvons les Fruits et légumes de France, le sujet de la qualité des eaux est trop complexe pour le laisser à quelques associations militantes, qui s’en servent pour faire de l’agro-bashing en quelques pages de dossier de presse et non pour protéger la population contre les perturbateurs endocriniens. L’information essentielle est simple : la qualité des eaux en France qu’elles soient souterraines, de surface ou potable s’améliore depuis des années, fruit notamment du travail concerté des autorités sanitaires et des agriculteurs.

 

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France rassemble des producteurs travaillant en agriculture biologique et raisonnée. Membres de toutes les filières et de toutes les associations professionnelles, ils sont confrontés à un même problème majeur : protéger leur récolte de manière efficace et dans le respect de l’environnement. En 2007, ils ont décidé de réunir leurs efforts pour sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics à cette menace qui pèse sur la production hexagonale et aux moyens d’y remédier. Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France ne se substitue pas plus qu’il ne concurrence les organisations professionnelles ; il n’a que pour but de les compléter avec le souci, partagé par tous, de l’efficacité

[1] Ineris, Les substances dangereuses pour le milieu aquatique dans les rejets industriels.

[2] Ministère des Affaires sociales et de la santé, Bilan de la qualité de l’eau au robinet du consommateur vis-à-vis des pesticides en 2014, p12. « Au cours de l’année 2014, l’eau distribuée en France a été de bonne qualité, eu égard aux teneurs en pesticides mesurées : 94 % de la population a été alimentée en 2014 par une eau dont la qualité respectait en permanence les limites de qualité fixées par la réglementation »

[3] Commissariat général au développement durable, Pesticides dans les cours d’eau, légère baisse de 2008 à 2013.

Espèces invasives : Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France tire la sonnette d’alarme

« Espèces invasives : l’onde de choc » – Colloque du 8 décembre 2016 à Paris

Communiqué de presse

 

Espèces invasives :

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France

tire la sonnette d’alarme

 

Des conséquences économiques et environnementales catastrophiques :

 il est temps pour les pouvoirs publics de sortir des incantations et de la naïveté

 

Paris, le 8 décembre 2016 – A l’occasion du colloque sur les espèces invasives organisé aujourd’hui à l’initiative du « Comité parlementaire de suivi du risque ambroisie et autres espèces invasives », le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France alerte les pouvoirs publics sur les menaces immédiates pesant sur les productions françaises.

Des productions au bord du gouffre

S’il y a encore quelques années, le risque « espèces invasives » était maîtrisé par un arsenal complet et collectif associant recherche, innovation et réglementation adaptée, ces bonnes pratiques ont désormais laissé place au règne du flou. Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, le principe de précaution et la recherche permanente du consensus avec des acteurs sans aucune responsabilité économique sont synonymes d’un véritable laissez-passer pour les espèces invasives. Conséquence : des impacts économiques majeurs dont on commence à peine à prendre conscience.

Des paradoxes dont il faut sortir

-1er paradoxe : alors que les producteurs sont empêtrés dans le mille-feuilles réglementaire, leur panoplie d’outils de protection se réduit année après année. Dans le secteur fruits et légumes, on dénombre plus de 80 impasses techniques majeures[1].

-2ème paradoxe : l’individualisme poussée à outrance. Des « groupuscules » souhaitent la libéralisation la plus complète sur le commerce des semences, des plants…Alors même que la profession a besoin de matériel végétal certifié sur le plan sanitaire. Ces mêmes groupuscules remettent en cause les mesures de précaution et de gestion du risque notamment collectives (ex : flavescence dorée).

-3ème paradoxe : les atermoiements des pouvoirs publics par l’écoute complaisante de certaines ONG environnementalistes diffusant des thèses contestables et naïves telles que : « La nature est bonne et répare par elle-même le déséquilibre biologique provoqué par une espèce envahissante » ; « les solutions de bio-contrôle permettent d’éviter complètement l’utilisation de produits de synthèse ».

Drosophila suzukii : un exemple de gestion désastreuse

Apparue en France en 2009, la mouche Drosophila suzukii est devenue très rapidement un véritable fléau pour les producteurs de cerises face auquel une seule substance active, le diméthoate avait prouvé son efficacité. C’était sans compter la décision brutale et infondée du gouvernement de l’interdire au 1er janvier 2016, laissant les producteurs de cerise sans réelle alternative autre que l’’utilisation plus fréquente d’autres substances de moindre efficacité (neuf traitements au lieu d’un !). Faute de temps pris pour mesurer l’impact des solutions alternatives, les producteurs ont connu en 2016 de 20 à 30 % de perte en moyenne, avec pour corollaire l’augmentation des prix à 8/9 € du kilo ! Et à plus long terme, quel avenir pour la filière ? Des jeunes vont-ils prendre le risque d’investir ?

Enfin, cette décision nationale va à l’encontre de la volonté affichée d’harmonisation et de simplification de la réglementation de l’Union européenne. Interdit en France, le diméthoate reste autorisé dans les autres pays européens producteurs de cerises…

« Il est très facile de faire des discours incantatoires sur les espèces invasives », observe le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France. « Mais lorsqu’on arrive aux mesures concrètes de lutte, il semble que la plus grande naïveté gagne les pouvoirs publics, aidés en cela par un certain nombre d’ONG environnementalistes qui s’autoproclament « spécialiste ». Sauf que ce sont les producteurs qui sont en première ligne pour en subir les impacts économiques ou techniques. »

 

[1] usages orphelins

Cash investigation sur les pesticides : 3 vérités omises et 1 mythe

Cash investigation sur les pesticides

3 vérités omises et 1 mythe

 

Un  « nouveau documentaire » (parmi tant d’autres !) totalement à charge qui oublie les vrais enjeux

 Paris, le 3 février 2015 – L’émission Cash Investigation consacrée « aux pesticides et à leurs dangers pour la santé » diffusée hier soir sur France 2 sombre encore une fois dans une véritable caricature populiste.

En 2015, pour les seuls media télévisuels, 85 reportages à charge contre le secteur agro-alimentaire ont été diffusés dont 60% sur les chaînes du service public ! Alors que la détresse économique et sociale des agriculteurs est réelle, Cash Investigation aurait été avisée de réaliser un travail d’enquête en analysant les vrais enjeux. Histoire que le grand public se fasse une opinion qui soit… juste.

Mais Cash Investigation a voulu s’assurer hier une audience confortable en choisissant de s’attaquer uniquement aux « firmes » produisant les produits phytosanitaires. Effectivement, à en croire les journalistes, ces produits n’existeraient que pour remplir les caisses des industriels de l’agrochimie, ce qui justifieraient cet « oubli ». Quant aux agriculteurs et aux consommateurs, ils ne seraient que des « victimes ».

Quid d’une analyse plus pertinente sur les risques et les bénéfices des produits phytosanitaires ? Aucune mention ! Rappelons quelques vérités bien simples à comprendre, y compris par Elise Lucet et Martin Boudot :

1.    Les produits phytosanitaires ne sont pas utilisés par plaisir par les producteurs mais sont là pour protéger les plantes et leurs fruits contre les maladies et ravageurs, qui représentent un risque bien réel. Sans eux, nos étalages seraient dégarnis.

2.    Les produits phytosanitaires protègent également les consommateurs contre des risques sanitaires (mycotoxines, bactéries, etc.) particulièrement dangereux et à l’origine de cas de mortalités.

3.    Les produits phytosanitaires sont dangereux : oui, comme les médicaments, ce qui nous empêche pas d’en prendre sous le contrôle de médecins et de pharmaciens. Ou comme l’électricité qui nécessite des installations fiables et des précautions d’usage. De gros progrès ont été faits dans l‘élaboration et l’application de ces produits : élimination des molécules les plus dangereuses, produits ciblant mieux les maladies, formation des producteurs, etc.

Le mythe du 0 pesticide

Cash Investigation a sombré dans la caricature en oubliant de préciser que toutes les cultures, y compris bio, ont besoin de protection phytosanitaire. Il n’existe actuellement pas de production « sans pesticides », sauf dans l’imaginaire de ces journalistes.

 

Enquête « salades » de Générations Futures : Halte à la manipulation !

Télécharger l’enquête complète VIGIE F&L 2015

Aucun chiffre, aucune analyse scientifique, aucune recherche sur le cuivre, 1er pesticide utilisé en agriculture… : l’ONG Générations Futures se discrédite.

Paris, le 22 septembre 2015 – Dans une communication médiatique, l’association environnementaliste Générations Futures dénonce la présence de « pesticides », dont certains seraient « perturbateur endocrinien », sur les salades mises en vente dans les grandes surfaces françaises.

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France dénonce la vaste manipulation que constitue cette pseudo-enquête. Jouant encore une fois sur les peurs, Générations Futures n’avance strictement aucun chiffre. L’ONG ne fait que lister un certain nombre de molécules.
Or, tout scientifique sérieux sait bien qu’il faut bien distinguer les notions de « détection » et de « quantification ».
Grâce aux outils ultra-performants de laboratoire, on peut désormais détecter tout et n’importe quoi sur n’importe quel produit, y compris des produits interdits depuis 40 ans comme le DDT. Quant au « seuil de quantification », il permet d’avoir une idée beaucoup plus exacte des résidus effectivement présents. Cette distinction fondamentale, Générations Futures la met aux oubliettes pour les besoins de sa communication.

Générations Futures « oublie » de rechercher le cuivre, 1er pesticide utilisé en agriculture !
Premier pesticide en quantité utilisé en bio (et dans une moindre mesure en conventionnel), le cuivre est bizarrement « oublié » par Générations Futures. Pour quelle raison ? Le cuivre (molécule dite « naturel ») est très utilisé en bio comme substitut à des molécules de synthèse. Faut-il y voir une certaine prudence vis-à-vis de certains sponsors de l’association ?
Quelle que soit la réalité, l’oubli du cuivre est une erreur majeure pour qui veut faire une analyse réaliste des potentiels résidus de produits phytosanitaires sur fruits et légumes. Il est également stupéfiant de voir que l’ONG n’a pas réalisé la moindre étude sur les agents microbiologiques qui sont pourtant les premières préoccupations sanitaires. Rappelons la crise sanitaire dramatique provoquée en Allemagne en 2011 par la présence de la bactérie Escherichia coli sur des graines germées (pousses de soja bio) consommées en salade.

Une étude pour déstabiliser les producteurs français
Un mois après les manifestations massives d’agriculteurs, cette communication est une nouvelle tentative de déstabilisation des producteurs de fruits et légumes français. On remarquera d’ailleurs que l’association PAN Europe, soutien européen Générations Futures pour cette enquête, n’a publié aucune étude similaire dans les autres pays européens.
Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France dénonce enfin le silence coupable du Ministère de l’Agriculture et de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Ces deux instances officielles, respectivement en charge de la réglementation et du contrôle de la qualité sanitaire de l’alimentation devraient dénoncer avec force cette étude biaisée et prendre la défense des producteurs. Ceux-ci peuvent être fiers de leur travail, et de leurs démarches de progrès incessantes. Les consommateurs français peuvent être également fiers de la production issue de leur terroir comme le montre la toute dernière étude Vigie F&L 2015 qu’a publié le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France. Au cœur de cette étude, les salades et tomates de nos étalages, issues de l’agriculture bio et conventionnelle ont été analysées par 6 laboratoires français.

Né en novembre 2007, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France constitue un mouvement de citoyens. Il vise à sortir les producteurs de l’impasse réglementaire dans laquelle ils se trouvent. Il rassemble des producteurs issus de l’agriculture biologique et raisonnée de la France entière, membres de toutes les filières et de toutes les sections professionnelles qui, confrontés aux mêmes problèmes, ont décidé de réunir leurs efforts pour sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics aux menaces qui pèsent sur la production hexagonale et aux moyens d’y remédier ; il ne se substitue pas plus qu’il ne concurrence l’organisation traditionnelle de la profession ; il n’a pour but que de la compléter avec le souci, partagé par tous, de l’efficacité. Toutes les cultures de fruits et légumes y sont représentées.

Fruits et légumes : aucun risque pour la santé des consommateurs

Télécharger l’enquête complète VIGIE F&L 2015

Enquête VIGIE F&L 2015
Risques microbiologiques & risques pesticides
Analyse sur fruits et légumes bio et conventionnels

Halte aux messages alarmistes !

Paris, le 21 septembre 2015 – Risques microbiologiques & pesticides : les fruits et légumes sont sains. C’est ce que révèle l’enquête VIGIE F&L 2015 que publie le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes. Au cœur de cette étude, les salades et tomates de nos étalages, issues de l’agriculture bio et conventionnelle.

Le risque microbiologique sous contrôle
Risque majeur pour les consommateurs, les agents pathogènes microbiologiques sont trop souvent sous-estimés alors qu’ils sont régulièrement à l’origine de troubles digestifs, voire d’hospitalisations et dans les cas extrêmes, de décès. Rappelons la crise sanitaire dramatique provoquée en Allemagne en 2011 par la présence de la bactérie Escherichia coli sur des graines germées (pousses de soja bio) consommées en salade .
Les résultats de notre étude démontrent le respect de la réglementation pour tous les échantillons pour les normes microbiologiques (Escherichia coli, salmonelloses, Listeria) et quel que soit le mode de production. Bien qu’en théorie, le risque soit plus important au sein de la filière bio (utilisation régulière d’effluents d’élevage comme engrais organiques), l’enquête ne révèle ici aucun contaminant particulier.

Résidus phytosanitaires : des résultats au moins dix fois inférieurs aux Limites Maximales de Résidus (ou LMR)
Les échantillons de tomates et salades analysés ont fait l’objet d’environ 2 800 recherches de résidus (479 substances phytosanitaires par échantillon). Seules 9 substances ont pu être quantifiées. 99,3% des recherches sur l’ensemble des échantillons ont montré l’absence de résidus.
Ces chiffres sont comparables à ceux publiés régulièrement par les agences officielles. Ainsi, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), des pesticides ont été quantifiés dans seulement 0,45% des analyses (rapport d’avril 2014).

Cuivre : résidu le plus présent en bio comme en conventionnel
Des résidus de cuivre ont été quantifiés dans tous les échantillons analysés. Les niveaux de quantification de ce pesticide sont beaucoup plus importants que ceux observés pour les autres pesticides (en terme d’échelle, les teneurs en cuivre sont de l’ordre du milligramme par kg alors que les teneurs sont de l’ordre du dixième voire du centième de milligramme par kg pour les autres pesticides).
– Les salades « bio » contiennent en moyenne 65 % plus de cuivre que leurs homologues conventionnels.
– Les tomates « bio » contiennent en moyenne 200 % plus de cuivre que leurs homologues conventionnels.
Ces données correspondent aux pratiques agricoles actuelles, notamment à une plus forte utilisation du cuivre en agriculture biologique. Celui-ci, sous différentes formes, est largement utilisé depuis plus d’un siècle en vigne, en arboriculture ou en production de légumes. Son efficacité est constante contre le mildiou et d’autres agents pathogènes. Le cuivre ne migre pas vers les eaux mais s’accumule dans le sol (haute persistance). Cette caractéristique conduit à une dégradation de la biodiversité microbienne du sol et donc de sa fertilité.
Un projet de la Commission européenne vise à limiter l’usage du cuivre. Un véritable enjeu pour cette filière fortement dépendante de l’utilisation de ce pesticide. Les producteurs s’efforcent de limiter la pollution liée au cuivre alors qu’il n’existe pas de solution alternative dans leur cahier des charges.

Face aux questionnements de certains consommateurs inquiets des messages alarmistes véhiculés par des associations environnementalistes, ces résultats démontrent le respect par les producteurs des bonnes pratiques agronomiques d’utilisation des produits phytosanitaires. Ils sont aussi en concordance avec les évaluations de l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui, dans son dernier rapport, note que plus d’un produit sur deux ne comporte absolument aucun résidu quantifiable de pesticide . Une communication anxiogène sur cette problématique est donc infondée, même s’il est toujours nécessaire de continuer à perfectionner les bonnes pratiques tout au long de la chaîne de consommation.

« Ces résultats apportent une preuve supplémentaire des efforts constants des producteurs en matière de sécurité sanitaire», observe Bernard Géry, porte-parole du Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France. « Rien ne justifie donc une quelconque communication alarmiste telle que nous le voyons parfois de la part de certaines associations environnementalistes. Reste que nous devons être toujours particulièrement vigilants en agriculture biologique et conventionnelle, de la production au consommateur final en passant par les circuits de distribution (circuits courts ou supermarchés). »

Né en novembre 2007, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France constitue un mouvement de citoyens. Il vise à sortir les producteurs de l’impasse réglementaire dans laquelle ils se trouvent. Il rassemble des producteurs issus de l’agriculture biologique et raisonnée de la France entière, membres de toutes les filières et de toutes les sections professionnelles qui, confrontés aux mêmes problèmes, ont décidé de réunir leurs efforts pour sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics aux menaces qui pèsent sur la production hexagonale et aux moyens d’y remédier ; il ne se substitue pas plus qu’il ne concurrence l’organisation traditionnelle de la profession ; il n’a pour but que de la compléter avec le souci, partagé par tous, de l’efficacité. Toutes les cultures de fruits et légumes y sont représentées.