Perturbateurs endocriniens dans les eaux de surface : une enquête pour rien, sinon juste pour faire peur !

Communiqué de presse

 

Perturbateurs endocriniens dans les eaux de surface :

une enquête pour rien, sinon juste pour faire peur !

 

Le 16 avril 2019 – Dans un « rapport » publié aujourd’hui, l’association anti-pesticides Générations Futures prétend « informer sur la présence de pesticides perturbateurs endocriniens dans notre environnement à travers l’étude de leur quantification dans les eaux de surface ». Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes, ce rapport n’apporte absolument rien au débat scientifique et trompe les consommateurs.

Se basant sur des données officielles des agences de l’eau françaises regroupées dans la base de données Naïades, Générations Futures a, comme à son habitude, extrait des informations certes exactes mais qui, traitées sous un angle militant, ne donnent aucune conclusion probante.

C’est ainsi que l’association environnementaliste s’appuie sur la base TEDX pour qualifier une substance de perturbateur endocrinien. Cette base de données n’a rien d’officielle, ni de scientifique. Qui plus est, l’Union Européenne a publié une définition claire et précise des perturbateurs endocriniens, qui est entrée en vigueur le 10 novembre dernier. On notera que Générations Futures n’en fait aucune mention dans son document et ne se base donc pas sur cette définition pour tirer ses conclusions.

Une approche scientifique de la question des perturbateurs endocriniens dans les eaux de surface aurait dû également s’intéresser aux enjeux clefs que sont le rejet de résidus de médicaments, notamment issus des effluents d’hôpitaux, et de contraceptifs dans l’eau. Rien de tout cela dans le rapport de Générations Futures, ce qui confirme sa visée militante en considérant l’agriculture comme le bouc émissaire de tous les maux.

Pour les producteurs de fruits et légumes, tant que Générations Futures ne s’appuiera pas sur des bases scientifiques et ne livrera pas ses méthodes de traitement des données, ce type de communication ne sera bonne qu’à faire de la « com ‘ » sur le dos des agriculteurs, rien d’autre.

Relations producteurs – voisinage : Les associations environnementalistes choisissent la stratégie de la confrontation

Communiqué de presse

 

Relations producteurs – voisinage

Les associations environnementalistes choisissent la stratégie de la confrontation

 

Le 11 avril 2019 – Alors que les agressions anti-pesticides envers les agriculteurs se multiplient, (la plus récente concernant EGALEMENT un producteur d’olives bio), le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France s’étonne de la communication de certaines associations environnementalistes dont le contenu pourrait pousser à des incidents majeurs ces prochains mois.

Les dernières agressions d’un céréalier début mars dans l’Ain[1] et d’un producteur d’olives bio le 8 avril dans les Bouches-du-Rhône[2], révèlent la situation de plus en plus tendue dans nos campagnes. Certains riverains, trompés par les déclarations partielles ou erronées d’associations environnementalistes en viennent aux mains dès qu’un pulvérisateur est aperçu dans un champ. Peu importe d’ailleurs la substance que l’agriculteur épand : fertilisant, produit phytosanitaire bio ou conventionnel. Cette atmosphère lourde est alimentée quasi-quotidiennement sur les réseaux sociaux par des associations ou des collectifs justifiant ce genre de comportement par des affirmations caricaturales.

Flou magistral sur la réalité et stratégie mortifère

La dernière brochure de l’association environnementaliste Générations Futures « Riverains Victimes des pesticides »[3] en est l’exemple type. Si elle prend bien garde d’appeler à la discussion entre riverains et agriculteurs, son contenu (témoignages non sourcés, données de prévalences de maladies contradictoires et sorties de leur contexte, etc.) est construit afin d’ériger chaque riverain en contrôleur des pratiques agricoles en lieu et place des autorités compétentes. Ainsi, sur la problématique de la maladie de Parkinson, Générations Futures met en avant une étude datant de 2003 pour afficher que l’exposition aux pesticides entraine « 5 fois plus de risques de développement de la maladie de Parkinson ». Cette étude à laquelle il est fait référence est une analyse sur un nombre limité de cas survenus il y a plus de 20 ans[4]. Quant aux données publiques de Santé Publique France qui affirment que l’incidence de la maladie de Parkinson est plus élevée de 13% chez les exploitants agricoles par rapport à la population générale[5], elles sont assorties selon cette agence nationale d’une extrême prudence sur le lien avec l’utilisation de pesticides. Quelle donnée faut-il retenir, « x 5 » ou « + 13 % » ? Générations Futures conforte délibérément une communication anxiogène en choisissant à travers la mise en page de sa brochure : « x 5 ». Rappelons enfin les chiffres de la Mutuelle Sociale Agricole : en 2016, la maladie de Parkinson provoquée par des pesticides représente 2,7% du total des maladies professionnelles[6].

Après l’association Eaux et Rivières de Bretagne qui invite les riverains à la délation de pratiques pourtant parfaitement autorisées,[7] il est à parier que les violences déjà observées vont se multiplier avec un risque d’un incident majeur. Le collectif dénonce cette stratégie délibérée et dangereuse.
Face à des associations souhaitant prendre la place des autorités sanitaires et de contrôle compétentes, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France appelle l’Etat à réaffirmer son autorité et à ne pas céder aux pressions anxiogènes.

[1] https://www.pleinchamp.com/grandes-cultures/actualites/ain-un-agriculteur-agresse-pour-cause-d-epandage-de-phytos
[2] http://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/agression-attaque-pour-avoir-epandu-un-produit-bio-1,7,118357529.html
[3] https://www.generations-futures.fr/actualites/riverains-victimes-pesticides-brochure/
[4] Neurodegenerative Diseases and Exposure to Pesticides in the Elderly, I. Baldi et al, Am J Epidemiol. March 2003 1;157(5):409-14.
[5] https://www.santepubliquefrance.fr/Actualites/Maladie-de-Parkinson-2-fois-plus-de-cas-en-25-ans
[6] http://www.sauvonslesfruitsetlegumes.fr/?p=1508
[7] https://actu.fr/bretagne/brest_29019/une-appli-recenser-lutilisation-desherbants-totaux-bretagne-demander-leur-interdiction_22575315.html

Carottes : un bassin entier de production menacé

Communiqué de presse

 

Carottes : un bassin entier de production menacé

Paris, le 5 mars 2019 Depuis l’année dernière, les producteurs de carottes de Créances (Manche) alertent le gouvernement. Faute d’alternative crédible à l’utilisation du dichloropropène, la production de cette carotte AOP est menacée de disparition à court terme. Certains maraîchers ont même décidé de cesser leur activité ces prochains mois. Une situation ubuesque que dénonce le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France d’autant plus qu’elle touche une production locale à forte valeur ajoutée.

Les célèbres carottes de Créances, classées AOP et Label Rouge, ont la particularité d’être cultivées dans le sable qui leur donne un goût singulier et une texture très particulière. Pour combien de temps encore ?

Confrontés à un ravageur bien connu, le nématode à kyste de la carotte, spécifique aux terres de sables blancs du littoral occidental de la Manche, les producteurs utilisaient jusqu’en 2009, le dichloropropène, seule substance phytosanitaire efficace. Classé potentiellement cancérigène en 2009, ce produit faisait jusqu’à maintenant l’objet de l’octroi de dérogations annuelles par les pouvoirs publics. Une situation sans risque pour les producteurs qui, en professionnels, se protègent efficacement, tout comme pour les consommateurs puisqu’aucun résidu n’était observé sur les productions concernées.

C’est en 2018 que le gouvernement français décide de ne plus accorder cette dérogation. Conséquence immédiate : les surfaces traitées avec des solutions dites « alternatives » produisent 15 t/ha de carottes non commercialisables contre 60 à 70 t/ha de carottes saines en situation normale. Dés 2018, les surfaces cultivées en carottes ont ainsi chuté de 40 % dans le département de la Manche.

Un millier d’emplois menacés

En 2019, pour la première fois, certaines familles exploitant la carotte de Créances depuis plusieurs générations ont décidé de cesser leur activité. A court terme, ce sont des dizaines d’exploitations qui sont menacées de disparition ainsi qu’un millier d’emplois.

Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, cette situation est l’exemple type de décisions totalement déconnectées du terrain. Une filière maraîchère AOP risque d’être totalement anéantie en quelques années faute d’un minimum de réalisme. Les indemnisations n’y feront rien. C’est un pan de l’excellence française et de la diversité de notre production qui tombe. Excellence qui laisse place à des produits importés traités au dichloropropène… Une situation absurde !

La carotte de Créances est l’illustration parfaite de l’évolution de la production de fruits et légumes en France : disparition de productions de niches, baisses des surfaces cultivées et importations massives de produits aux profils sanitaires bien moins favorables. Tout cela au détriment de notre économie rurale et de la santé des consommateurs !

Enquête Glyph’Awards » de Générations Futures : et les pesticides bio ?

L’amnésie de Générations futures

 

Paris, le 21 novembre 2018 L’association militante anti-pesticides Générations Futures a lancé hier un nouveau « coup médiatique » en « divulguant » sur son site internet un ensemble de cartes portant sur les ventes de pesticides par département. Si les données de base fournies par l’administration française sont justes, Générations Futures se livre à plusieurs manipulations ruinant ainsi la crédibilité de l’étude.

Des données étrangement manquantes

La base BNVD (Banque nationale des ventes pour les distributeurs) utilisée par Générations Futures compile les données fournies par les entreprises qui vendent des produits phytopharmaceutiques département par département. La carte élaborée par l’association militante et intitulée « Carte de vente des pesticides par département par ha de SAU en 2017 [1]» intègre ainsi les ventes tous produits confondus y compris ceux homologués en agriculture biologique. La moyenne nationale des ventes des pesticides par ha est de 2.632 kg/ha.

Le document intitulé « Carte des ventes de pesticides non utilisables pour l’agriculture biologique par hectare de SAU [2]» est issu des données de la carte précédente avec exclusion des quantités des produit homologués en bio. Or cette communication de l’association ne précise pas de moyenne nationale. Pourquoi ? Pour masquer qu’environ 20 % des produits phytosanitaires vendus en France sont des produits homologués en agriculture biologique. Le Collectif Sauvons les fruits et Légumes de France estime qu’environ plus de 80 % de ce volume est utilisé par les producteurs en agriculture conventionnelle.

Une simple vérification accessible à tous à partir des 3 départements désignés à la vindicte publique comme les plus grands utilisateurs de pesticides, montre la part des produits utilisables en bio :

Les données des BNVD étant disponibles depuis l’année 2008, on constate ainsi que l’achat de produits homologués en agriculture biologique est en croissance.

Pourquoi Générations futures masque volontairement cette donnée ?

Le cuivre sous ces différentes formes[3] est stratégique pour de nombreux producteurs, bio et conventionnels, pour lutter notamment contre le mildiou dans de nombreuses cultures dont la vigne. Représentant plus de 50% du tonnage des produits homologués en bio, cette substance fait actuellement l’objet d’une réévaluation au niveau européen. Son avenir est incertain : les experts constatent que cette substance est loin d’être anodine pour l’environnement et la santé de l’utilisateur. Tous les secteurs de la production française y compris les organisations du secteur bio s’inquiètent de la future décision de l’Union européenne. Générations Futures n’ignore pas cette situation mais préfère la passer sous silence car ses principaux financeurs sont issus de la filière bio.

Pour le Collectif Sauvons les fruits et Légumes, cette manipulation appuyée par de nombreux organes de presse laisse entrevoir une véritable chasse aux utilisateurs de produits de protection des cultures non bio. Enfin, elle créé artificiellement une opposition entre modèles agricoles qui ne correspond en aucun cas à la réalité.

[1] https://www.generations-futures.fr/cartes/carte-de-vente-pesticides-departement-ha-de-sau-2017/

[2]https://www.generations-futures.fr/cartes/cartes-ventes-de-pesticides-non-utilisables-lagriculture-biologique-hectare-de-sau-2017/

 

 

[3] Hydroxide de cuivre Cas 20427-50-9-2, Sulfate de cuivre Cas 8011-63-0, Oxyde cuivreux cas 1317-39-1

Lutte contre le cancer : mangez des fruits et légumes (bio ou conventionnels) !

Conclusions de l’étude publiée dans la revue Jama Internal Medicine

 

Lutte contre le cancer :

mangez des fruits et légumes (bio ou conventionnels) !

 

Paris, le 23 octobre 2018 Une étude française publiée dans la revue Jama Internal Medicine hier prétend associer la consommation d’aliments issus de l’agriculture biologique avec une baisse du risque de deux types de cancers. Une conclusion hâtive dénoncée par le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France.

 

Cette étude, largement médiatisée hier et aujourd’hui a toutes les apparences du sérieux : une cohorte très importante de plusieurs milliers de personnes, des chercheurs issus de l’INSERM et de l’INRA, des questionnaires développés, etc.

Cependant, les auteurs relèvent eux-mêmes une limite essentielle à leur étude[1] : les personnes interrogées étaient majoritairement d’une classe sociale et d’un niveau d’éducation supérieure, conscientes qu’une alimentation équilibrée est essentielle pour conserver une bonne santé. Ce qui constitue un biais décisif ! Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, cette étude ne confirme qu’un seul fait, connu de longue date : manger des fruits et légumes, bio ou conventionnels, est bon pour la santé !

« Some limitations of our study should be noted. First, our analyses were based on volunteers who were likely particularly health-conscious individuals, thus limiting the generalizability of our findings. NutriNet-Santé participants are more often female, are well educated, and exhibit healthier behaviors compared with the French general population. These factors may have led to a lower cancer incidence herein than the national estimates, as well as higher levels of organic food consumption in our sample. »

 

L’ONG environnementaliste militante Générations Futures tire des conclusions abusives de cette étude en mettant en avant « les effets protecteurs des aliments biologiques vis-à-vis du cancer » en raison de l’absence de pesticides de synthèse.

Dans un souci de transparence, il est important de rappeler aux consommateurs que tous les agriculteurs – bio ou conventionnels – doivent recourir à des pesticides.

On trouve des résidus de pesticides bio (cuivre, spinosad, azadirachtine ou huile de Neem…) dans les produits alimentaires comme le montrent les derniers résultats de l’étude de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de 2016 publiés en juillet 2018. Ils sont détectés à l’état de traces – bien souvent même pas quantifiables – preuve que les producteurs travaillent de façon responsable. En bio, 98,7% des aliments se situent ainsi dans les limites légales. Plus de 96% pour les produits conventionnels. Concernant les résidus de cuivre, principal antifongique utilisé en agriculture biologique, ils sont même présents dans 100% des vins bio selon une étude menée par Wikiagri et Agriculture&Environnement[2].

L’enjeu pour l’agriculture est surtout de proposer des fruits et légumes bons, sains et produits dans le respect de l’environnement et de l’utilisateur. Ce que font les producteurs français aujourd’hui et qu’ils continueront à faire demain avec de nouveaux progrès.

 

[1] https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2707948

[2] Novembre 2015

Attaques contre l’ANSES : une remise en cause inacceptable de la science

Communiqué de presse

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France dénonce les dérives de l’appel « nous voulons des coquelicots »

 

Paris, le 14 septembre 2018 A l’occasion de l’appel « nous voulons des coquelicots » visant à interdire tous les « pesticides de synthèse », l’hebdomadaire Charlie Hebdo s’en est pris hier au directeur de l’ANSES, Roger Genet. Une dénonciation calomnieuse et caricaturale que dénonce le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France.

La nouvelle campagne lancée par des personnalités marquées par leur militantisme anti-agriculture est l’occasion de porter les coups les plus bas. C’est ainsi que le journal Charlie Hebdo, porteur médiatique de l’appel, « nous voulons des coquelicots », a publié un long article sur l’autorité française de sécurité sanitaire, l’ANSES. L’occasion de viser directement son directeur, Roger Genet, accusé d’entretenir des liens étroits avec les « industriels ».

Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, ce type d’article est une manière manifeste de saper la confiance que peuvent avoir nos concitoyens dans cette agence chargée depuis 2015 de la délivrance des autorisations de mises sur le marché des produits phytosanitaires. Ce processus d’homologation répond en effet à des processus scientifiques stricts, totalement indépendants du pouvoir politique. Ce travail, l’ANSES l’accomplit avec rigueur, y compris lorsque ses décisions bousculent le travail des producteurs des fruits et légumes.

 

Glyphosate : inversion totale du processus de décision

Dans le même article, Charlie Hebdo reproche également à Roger Genet d’avoir un avis contraire au gouvernement sur le glyphosate. Roger Genet s’est en effet exprimé à de multiples reprises sur cette question, notamment devant des parlementaires au Sénat[1] le 6 juin dernier, en affirmant qu’aucune donnée scientifique actuelle ne justifie le classement cancérogène probable de cette substance. En exigeant de l’ANSES de se ranger à l’avis du gouvernement (interdiction immédiate du glyphosate sans justification), Charlie Hebdo demande à l’agence de sécurité sanitaire française de rompre son indépendance scientifique et à son directeur, Roger Genet, de mentir.

Il est aujourd’hui primordial que les Ministères de tutelle de l’ANSES en charge de la Santé, de l’Agriculture, de l’Environnement, du Travail et de la Consommation réaffirment tous leur confiance dans les travaux de l’agence et s’appuient sur ses avis scientifiques et non sur le lobbying de personnalités ou d’ONG environnementalistes. Celles-ci ont pris pour habitude de diffamer l’excellence du travail réalisé par l’ensemble de l’organisation sanitaire française (pouvoirs publics compris). Cette pression sur la science et les scientifiques est une nouvelle preuve du populisme écologique qui se développe en France et que l’on a vu à l’œuvre dans les débats sur la vaccination.

[1] https://www.senat.fr/les_actus_en_detail/article/table-ronde-sur-les-produits-phytosanitaires.html

Résidus de pesticides : une étude « fantaisiste » d’une association militante

Rapport annuel de l’EFSA (European Food Safety Authority) sur les résidus de pesticides dans les aliments

Communiqué de presse

Résidus de pesticides : une étude « fantaisiste » d’une association militante

Les fruits et légumes commercialisés dans l’Union Européenne sont sains 

Attention aux lectures hâtives, partiales et partielles !»

 

Paris, le 4 septembre 2018 Le rapport de l’EFSA sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes[1] rend toujours compte pour 2016 de données tout à fait stables : les fruits et légumes consommés par les Européens « sont en grande partie exempts de résidus de pesticides ou en contiennent dans les limites légales », selon l’autorité sanitaire européenne. Des données rassurantes à l’opposé de ce que souhaite nous faire croire l’association militante Générations Futures.

Le calendrier de publication du rapport de l’EFSA (fin juillet au lieu d’avril traditionnellement) explique sans doute les faibles répercussions médiatiques de ses conclusions. En 2016, sur près de 85 000 échantillons analysés et 791 pesticides recherchés, « 96,2 % se situaient dans les limites autorisées par la législation de l’UE et 50,7% ne comportaient aucun résidu quantifiable, contre respectivement 97,2% et 53,3% l’année précédente (2015) ». Selon l’EFSA, cette différence s’explique essentiellement par l’élargissement des analyses à des pesticides jusque-là non pris en compte.

A l’heure où nombre d’acteurs de la grande distribution et des fruits et légumes se lancent dans le « sans résidus de pesticides », le rapport de l’EFSA prouve que cet objectif est déjà une réalité… depuis des années avec plus 50% des échantillons ne comportant aucun résidu quantifiable. Pour le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France, ce rapport montre encore une fois que les agriculteurs travaillent bien, toujours dans le souci du consommateur final et sans avoir besoin des injonctions répétées des ONG environnementalistes. Les producteurs entendent malgré tout continuer à progresser.

A l’heure ou la consommation de fruits et légumes baisse dangereusement en France et a des conséquences graves sur la santé de nos concitoyens (obésité, maladies cardio-vasculaires, etc.), les associations environnementalistes doivent se poser la question de la responsabilité de leur communication anxiogène. Le vrai risque avéré par l’ensemble de la communauté médicale est la sous-consommation de fruits et légumes qu’ils soient conventionnels ou bio.

Perturbateurs endocriniens : attendons la liste définitive

En France, c’est en l’occurrence l’association environnementaliste Générations Futures qui s’est évertuée à trouver la « faille » dans le rapport de l’EFSA. Comme souvent, il s’agit d’une lecture partiale et partielle du rapport de l’EFSA.

Cette ONG s’appuie sur une liste erronée de substances considérées comme perturbatrices endocriniennes pour dénoncer telle ou telle molécule. Cette dénonciation, si elle permet effectivement une audience médiatique importante est totalement infondée. Le document guide qui permet de caractériser ces substances a été publié en juin 2018 suite à la définition publiée en avril 2018 par l’Union européenne. Depuis, les instances compétentes travaillent à établir une liste des molécules qui remplissent réellement ces critères ! A moins que Générations Futures ne se considère comme plus qualifiée que les instances sanitaires européennes ? Un sondage publié hier[2] révèle que les français considèrent l’Union européenne comme l’échelle la plus efficace pour les politiques environnementales. Un sondage qui fortifie l’EFSA comme agence indépendante, plus digne de confiance qu’une ONG militante.

Les producteurs de fruits et légumes font pleinement confiance dans les agences françaises et européennes dont les études démontrent la haute qualité des fruits et légumes proposés aux consommateurs européens.

[1] https://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/180725

[2] https://www.euractiv.fr/section/developpement-durable/news/les-francais-font-plus-confiance-a-lue-qua-leur-gouvernement-sur-lenvironnement/

Développement des maladies fongiques : les producteurs de fruits et légumes à court de solutions

Météo 2018  

Développement des maladies fongiques :

les producteurs de fruits et légumes à court de solutions

 

Le 25 juillet 2018 – Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France alerte les pouvoirs publics sur les conditions de production extrêmement difficiles depuis plusieurs mois. En cause : la prolifération des maladies fongiques. Conséquences : des rendements en baisse et un affaiblissement supplémentaire de la santé économique des exploitations. Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France demande aux pouvoirs publics de considérer désormais 2018 comme une année de référence lorsqu’il s’agira d’envisager un désarmement supplémentaire de la protection phytosanitaire. Les professionnels ne peuvent être plongés dans des impasses techniques.

Si les pluies abondantes du printemps 2018 ont pu remplir les nappes phréatiques, elles ont également constitué un terrain favorable à l’apparition de maladies cryptogamiques (ex. mildiou) causées par des champignons microscopiques. Le trimestre avril-mai-juin 2018 que l’on vient de vivre est le second plus chaud depuis le début du 20e siècle (juste derrière celui de l’année 2003), avec une moyenne à 16,7°C. Par ailleurs, les précipitations ont été particulièrement abondantes (notamment dans les régions méditerranéennes) selon Météo France. En effet, en moyenne, pendant ce printemps, on a atteint 20% d’excédent pluviométrique par rapport à la normale.

En viticulture, les vignobles du sud de la France ont été fortement touchés par ces maladies. Dans certains départements comme l’Hérault, on évoque une pression exceptionnelle de mildiou. Comme le secteur viticole, le secteur des fruits et légumes a dû faire face à des problèmes sanitaires complexes. En plein champ, les problèmes sont nombreux. Toutes les solutions techniques disponibles (moyens agronomiques, génétiques -tolérance variétale- mécaniques et phytosanitaires) ont été employées pour limiter l’impact des fusarioses, des pourritures, des monilioses, etc. Quant aux productions bio, elles ont été très impactées, celles-ci ne bénéficiant que d’un panel limité de solutions. De même, les fortes précipitations associées à la chaleur ont rendu difficile le contrôle des mauvaises herbes. Enfin, les autorités sanitaires ont pu constater la recrudescence de certaines maladies, comme le feu bactérien entraînant des dégâts importants voire des dépérissements d’arbres dans les vergers.

Pesticides : la France championne du monde des dérogations ?

Communiqué de presse

 

Pesticides : la France « championne du monde des dérogations » ?

Vraiment ?

 

Paris, le 24 mai 2018 – Il y a quelques jours, en marge d’une rencontre avec Nicolas Hulot, le député européen Eric Andrieu, président de la commission parlementaire spéciale sur la procédure d’autorisation des pesticides dans l’Union a déclaré : « Avec 58 demandes, contre une moyenne de moins de 10 dans l’UE, la France est championne des dérogations accordées en Europe ! ». Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France dénonce cette conclusion hâtive, qui dénote plus du militantisme que d’une analyse objective de la situation.

 

Cette communication liée à une rencontre avec le Ministre de la transition écologique et solidaire avait un seul objectif très politique : affaiblir le rôle et la mission du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation. Les dérogations sont en effet accordées par ce ministère, règle que plusieurs associations environnementalistes veulent bouleverser.

Les dérogations sont accordées pour de courtes périodes (120 jours maximum) et souvent dans l’urgence pour répondre à des enjeux techniques. Il s’agit bien souvent d’étendre la possibilité d’utiliser un produit phytopharmaceutique déjà autorisé pour un usage (culture et cible) à un autre usage. Dans tous les cas, les dérogations ne peuvent porter que sur des produits commerciaux déjà autorisés et sur des substances homologuées au niveau européen. Le secteur de l’agriculture biologique est aussi concerné par ce dispositif réglementaire (16 dérogations en 2018), notamment pour des produits donc les propriétés toxicologiques ne sont pas toujours anodines (spinosad, azadirachtine…).

Dans son argumentation, le député Eric Andrieu insiste sur la différence du nombre de dérogations demandées en comparaison à certains pays comme l’Espagne. En réalité, cette situation ne fait que révéler les distorsions réglementaires qui existent en Europe. Dans ces pays, des produits sont autorisés sur de nombreux usages alors qu’ils ne le sont pas en France.

Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, les dérogations sont indispensables certaines années pour la survie économique de milliers d’exploitations agricoles. De même, sur les enjeux environnementaux et de sécurité sanitaire, il est indispensable de disposer d’un dispositif juridique d’extension d’usage encadré et respecté par les producteurs plutôt que des extensions « sauvages » comme cela se produit malheureusement trop souvent dans certains pays européens.

Suppression de produits phytosanitaires : quelles conséquences pour la production de fruits et légumes en France ?

Publication de l’étude d’impact sur la suppression des produits phytosanitaires

 

Suppression de produits phytosanitaires : quelles conséquences pour la production de fruits et légumes en France ? 

12 productions passées au peigne fin

Paris, le 25 avril 2018 – Alors que le gouvernement[1] réunit ce matin les acteurs agricoles pour présenter sa feuille de route « sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides », le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France publie une nouvelle étude d’impact sur la réduction de produits phytosanitaires disponibles dans les productions de fruits et légumes.

Noix, pommes, pêches, oignons, poireaux, pour son étude d’impact 2018, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France a sélectionné 12 productions représentatives du savoir-faire des producteurs français. Savoir-faire aujourd’hui menacé par de nombreuses impasses techniques parfaitement connues de l’administration.

Dans ce contexte, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France s’inquiète des annonces qui seront faites par le gouvernement ce matin. Enlever de nouvelles briques à l’édifice de la protection phytosanitaire reviendrait pour beaucoup de producteurs à ne produire que les bonnes années (aux conditions climatiques favorables) voire à mettre la clé sous la porte. Ce désarmement de la protection phytosanitaire engagé par les autorités est particulièrement préoccupant en ce qui concerne les risques nouveaux à caractère invasif[2], ou liés à la réémergence d’anciens risques (Drosophila suzukii en cerises, cynips du Châtaignier, bactérie Pseudomona syringae pv. Actinidiae pour les productions de kiwi).

 

Une dérive démagogique

Les producteurs sont particulièrement stupéfaits de la négation croissante de l’expertise des agences officielles d’évaluation française (ANSES) et européennes (EFSA, EChA) par les instances politiques. Celles-ci décident désormais de l’autorisation ou non d’une substance phytosanitaire en fonction de critères non scientifiques : contexte politique, pressions d’associations environnementalistes militantes, opinion publique du moment. La confusion porte également sur les notions de danger et de risque que l’on pensait définitivement acquises.

La deuxième dérive est une approche technocratique du retrait des substances phytosanitaires qui ne tient pas compte des productions. Les études d’impact sont quasiment inexistantes, bien que la loi issue du Grenelle de l’environnement impose ce type d’étude pour le secteur des fruits et légumes. Paradoxalement, la suppression d’une substance peut avoir pour conséquence l’emploi de plus de produits phytosanitaires !

 

Des productions en régression, une balance commerciale en déficit

La production française de fruits et légumes a naturellement régressé depuis de nombreuses années. La compétitivité des exploitations est en berne. Conséquence, la consommation française devient de plus en plus dépendante des importations. La balance commerciale française est déficitaire en fruits et légumes frais de l’ordre de 4 milliards d’euros en 2017 (2,86 milliards d’euros pour les fruits et 1 milliard d’euros pour les légumes). Pour de nombreux secteurs, la lente régression se poursuit à l’exemple des surfaces de vergers de pêchers/nectariniers : -13 % entre 2011 et 2016 ; les importations représentent 3 fois la production.

Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, seul un changement radical d’approche des débats sur la protection des cultures permettra de sauver les productions. Ce nouveau paradigme doit impérativement inclure les étapes suivantes : identification des risques et des enjeux production par production, définition de la boite à outils adaptée (prévention, lutte biologique, etc.) et, si nécessaire emploi de substances phytosanitaires dans des conditions clairement définies.

[1] Stéphane TRAVERT, ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Nicolas HULOT, ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire, Agnès BUZYN, ministre des solidarités et de la santé, et Frédérique VIDAL, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation

[2] https://www.terre-net.fr/actualite-agricole/economie-social/article/autour-de-la-mediterranee-les-agrumes-risquent-de-disparaitre-202-137119.html

Étude d’impact téléchargeable ici