A propos des SDHI

En avril 2018, des chercheurs français lançaient via le journal Libération une « alerte » au sujet d’une famille de fongicides, les SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase), accusant ces substances d’être à l’origine de « graves problèmes de santé. »

Quelques semaines après cette publication, l’Anses, agence nationale compétente pour les autorisations de mises sur le marché de produits phytosanitaires s’autosaisissait du sujet et mandatait un « groupe d’expertise collective d’urgence » (GECU) pour analyser cette « alerte » lancée entre autres par les scientifiques Paule Bénit et Pierre Rustin.

Selon l’Anses, « l’objectif  de  cette  expertise  est  de  déterminer  si  les  informations  et  hypothèses  scientifiques mentionnées par les  auteurs  d’une  tribune  sur  les  risques  potentiels  pour  la  santé  de  l’usage  en  agriculture des fongicides inhibiteurs de la succinate déshydrogénase (SDHI) apportent, au regard des données de la littérature, des évaluations européennes des substances et des données issues de  la  phytopharmacovigilance,  des  éléments en  faveur  d’une  exposition  et  de  risques  qui  n’auraient pas été pris en compte dans l’évaluation des substances actives fongicides concernées. » 

Suite au rapport du groupe d’experts mandatés, l’Anses rend ses premières conclusions le 17 janvier 2019 : « les informations et hypothèses évoquées [par les chercheurs] n’apportent pas d’éléments en faveur d’une alerte sanitaire pour la santé humaine et l’environnement en lien avec l’usage agricole de ces fongicides qui pourrait justifier la modification ou le retrait des autorisations de mise sur le marché ». 

Cet avis très rassurant est confirmé quelques mois plus tard, en juillet 2019, par une deuxième communication de l’Anses : « aucun nouvel élément n’est venu confirmer l’existence d’une alerte sanitaire qui conduirait au retrait des autorisations de mise sur le marché en vigueur, conformément aux règlements nationaux et européens relatifs aux produits phytopharmaceutiques[…] Au regard des sources consultées, il n’a pas été identifié de données suggérant une augmentation de l’incidence des cancers spécifiques associés au déficit en SDH, chez l’Homme non porteur de mutation (chez les professionnels exposés par exemple), malgré une commercialisation parfois ancienne de ces molécules SDHI, ni de données suggérant un impact pour les organismes de l’environnement ».

En septembre 2019, des associations environnementalistes (en premier lieu le mouvement du journaliste militant Fabrice Nicolino « Nous voulons des coquelicots »), lancent une violente campagne médiatique à l’encontre de l’Anses et de ses dirigeants, remettant en cause leur indépendance et leur expertise, en particulier sur cette question des SDHI. Cette campagne, qui se poursuit actuellement, est l’occasion de proférer de nombreuses contre-vérités : « Les fongicides SDHI seraient déversés massivement sur nos cultures », « Les fongicides SDHI seraient omniprésents dans notre environnement »,  « L’Anses fait partie du lobby des pesticides » , etc.

Face à ce dénigrement permanent de nos autorités sanitaires et de nos pratiques agricoles, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France a décidé de prendre clairement position. Les SDHI font partie des solutions que les producteurs utilisent avec d’autres, bio ou conventionnelles, pour lutter contre certaines maladies fongiques responsables de destructions de récoltes et de l’apparition de mycotoxines dangereuses pour la santé humaine. 

Vous trouverez ainsi dans cette nouvelle rubrique toutes nos prises de parole sur ce sujet : communiqués de presse, infographies, etc.