Enquête Glyph’Awards » de Générations Futures : et les pesticides bio ?

 

L’amnésie de Générations futures

 

Paris, le 21 novembre 2018 L’association militante anti-pesticides Générations Futures a lancé hier un nouveau « coup médiatique » en « divulguant » sur son site internet un ensemble de cartes portant sur les ventes de pesticides par département. Si les données de base fournies par l’administration française sont justes, Générations Futures se livre à plusieurs manipulations ruinant ainsi la crédibilité de l’étude.

Des données étrangement manquantes

La base BNVD (Banque nationale des ventes pour les distributeurs) utilisée par Générations Futures compile les données fournies par les entreprises qui vendent des produits phytopharmaceutiques département par département. La carte élaborée par l’association militante et intitulée « Carte de vente des pesticides par département par ha de SAU en 2017 [1]» intègre ainsi les ventes tous produits confondus y compris ceux homologués en agriculture biologique. La moyenne nationale des ventes des pesticides par ha est de 2.632 kg/ha.

Le document intitulé « Carte des ventes de pesticides non utilisables pour l’agriculture biologique par hectare de SAU [2]» est issu des données de la carte précédente avec exclusion des quantités des produit homologués en bio. Or cette communication de l’association ne précise pas de moyenne nationale. Pourquoi ? Pour masquer qu’environ 20 % des produits phytosanitaires vendus en France sont des produits homologués en agriculture biologique. Le Collectif Sauvons les fruits et Légumes de France estime qu’environ plus de 80 % de ce volume est utilisé par les producteurs en agriculture conventionnelle.

Une simple vérification accessible à tous à partir des 3 départements désignés à la vindicte publique comme les plus grands utilisateurs de pesticides, montre la part des produits utilisables en bio :

Les données des BNVD étant disponibles depuis l’année 2008, on constate ainsi que l’achat de produits homologués en agriculture biologique est en croissance.

Pourquoi Générations futures masque volontairement cette donnée ?

Le cuivre sous ces différentes formes[3] est stratégique pour de nombreux producteurs, bio et conventionnels, pour lutter notamment contre le mildiou dans de nombreuses cultures dont la vigne. Représentant plus de 50% du tonnage des produits homologués en bio, cette substance fait actuellement l’objet d’une réévaluation au niveau européen. Son avenir est incertain : les experts constatent que cette substance est loin d’être anodine pour l’environnement et la santé de l’utilisateur. Tous les secteurs de la production française y compris les organisations du secteur bio s’inquiètent de la future décision de l’Union européenne. Générations Futures n’ignore pas cette situation mais préfère la passer sous silence car ses principaux financeurs sont issus de la filière bio.

Pour le Collectif Sauvons les fruits et Légumes, cette manipulation appuyée par de nombreux organes de presse laisse entrevoir une véritable chasse aux utilisateurs de produits de protection des cultures non bio. Enfin, elle créé artificiellement une opposition entre modèles agricoles qui ne correspond en aucun cas à la réalité.

[1] https://www.generations-futures.fr/cartes/carte-de-vente-pesticides-departement-ha-de-sau-2017/

[2]https://www.generations-futures.fr/cartes/cartes-ventes-de-pesticides-non-utilisables-lagriculture-biologique-hectare-de-sau-2017/

 

 

[3] Hydroxide de cuivre Cas 20427-50-9-2, Sulfate de cuivre Cas 8011-63-0, Oxyde cuivreux cas 1317-39-1

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire