F&L

 

 

Communiqué de presse


« Limite maximale globale de pesticides dans les aliments » :

Une escroquerie intellectuelle pour une efficacité nulle

 

 

Paris, le 17 octobre 2016 – L’annonce jeudi dernier au Sénat par Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé‎ d’une consultation de l’ANSES pour déterminer une « limite maximale globale » de résidus de pesticides dans l’alimentation relève plus de l’escroquerie intellectuelle que d’une véritable démarche scientifique. Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France appelle le gouvernement à la raison et à ne pas caler sa politique en fonction « d’enquêtes » douteuses de telle ou telle ONG médiatique.

 

Pour le contrôle des résidus de produits phytosanitaires, les autorités sanitaires se basent actuellement sur un seuil réglementaire appelé « Limite Maximale de Résidus » ou LMR, défini au niveau européen. Fixé pour chaque couple substance / végétaux, celui-ci ne constitue pas un seuil de sécurité pour la population, mais une norme agronomique. Cette norme très sécuritaire se situe d’ailleurs largement en-dessous des niveaux d’exposition qui présenteraient potentiellement un risque pour la santé. Le projet du gouvernement qui consisterait simplement à additionner ces LMR les unes aux autres pour parvenir à une « limite globale » est tout simplement absurde, certaines substances ayant des LMR beaucoup plus élevées que d’autres.

Une absurdité y compris pour la filière biologique, grande utilisatrice de cuivre, qui a en moyenne une LMR 100 fois supérieure aux produits phytosanitaires de synthèse. L’ enquête VIGIE F&L 2015 du Collectif Sauvons les Fruits et Légumes[1] avait notamment démontré la présence plus importante du cuivre dans les salades et tomates bio. On imagine la valeur fantaisiste à laquelle on aboutirait pour une simple salade composée si l’on ajoutait les valeurs de cuivre de ces deux aliments. Dans le même d’ordre d’absurdité, il conviendrait d’établir un indicateur global sur la toxicité pour le muesli bio intégrant les risques mycotoxine, bactériologique et métaux lourds. Tout cela évidemment sans aucun bénéfice pour la sécurité sanitaire des consommateurs.

Connivence entre gouvernement et associations écologistes

Les interventions médiatiques de ces derniers jours montrent très clairement une concertation entre les milieux écologistes, certains parlementaires et certains membres du gouvernement. La protection de la santé de nos concitoyens ne se décide pas au travers du prisme de la presse à scandale. La France et sa gastronomie méritent mieux que ça !

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France suggère au gouvernement de demander, avant tout engagement (qui plus est ultra-médiatisé), l’avis des experts scientifiques. Leur avis sera très probablement plus rationnel et plus professionnel sur la question des risques sanitaires pour les consommateurs. Rappelons aussi que la réglementation européenne actuelle est l’une des plus protectrices au monde.

[1] http://www.sauvonslesfruitsetlegumes.fr/wp-content/uploads/2015/01/Dossier-VIGIE-FL-2015.pdf

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