Le Collectif Sauvons les Fruits et légumes de France dénonce 5 « fake news » sur les fongicides SDHI

Le 6 septembre 2019 – Des associations environnementalistes anti-pesticides lancent une campagne savamment orchestrée contre les fongicides SDHI. Une opération de communication et de marketing qui vise également à remettre en cause gravement les compétences des autorités sanitaires françaises indépendantes. Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France revient point par point sur ces attaques et démonte les mensonges véhiculés.

« Les fongicides SDHI seraient déversés massivement sur nos cultures » à FAUX

Les fongicides SDHI représentent 2% des tonnages de fongicides vendus en France en 2018. On observe les mêmes tendances de 2013 à 2017. En moyenne, pour 1 hectare (soit 10 000 m2), les agriculteurs appliquent une dose de 100 g !

« Les fongicides SDHI représenteraient un risque grave pour notre santé » à FAUX

Suite à une « alerte » lancée en avril 2018 par quelques chercheurs dans le journal Libération, les scientifiques mandatés par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) ont conclu en janvier 2019 à l’innocuité des fongicides de la famille des SDHI tout en appelant à des études complémentaires: « A l’issue des travaux, l’Anses conclut que les informations et hypothèses évoquées n’apportent pas d’éléments en faveur d’une alerte sanitaire pour la santé humaine et l’environnement en lien avec l’usage agricole de ces fongicides qui pourrait justifier la modification ou le retrait des autorisations de mise sur le marché. »[1]

Quelques mois seulement après ce premier avis, l’Anses a confirmé le 25 juillet dernier via un communiqué, qu’ « à ce jour, aucun nouvel élément n’est venu confirmer l’existence d’une alerte sanitaire qui conduirait au retrait des autorisations de mise sur le marché en vigueur, conformément aux règlements nationaux et européens relatifs aux produits phytopharmaceutiques ».

« Les fongicides SDHI seraient omniprésents dans notre environnement »à FAUX

Les scientifiques mandatés par l’Anses ont étudié la présence de substances de la famille des SDHI sur différents compartiments de notre environnement : eaux de surface, eaux souterraines, air, faune, etc. Les taux de quantification de ces substances sont faibles voire très faibles et impliquent donc l’absence de conséquences néfastes sur notre environnement.

« Le maintien de l’autorisation de l’usage des fongicides SDHI serait un crime »à FAUX

De tels propos sont excessifs. Parler de « crime » est non seulement une accusation gravissime mais entretient dans les campagnes un climat de peur, de méfiance, voire même de violence à l’égard des agriculteurs[2]. Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France remarque aussi que ce type d’opération militante ne fait que renforcer l’idéologie complotiste dont sont directement victimes les paysans, mais aussi les consommateurs. Comment en effet fournir à l’avenir sur nos étals des produits bons et sains si les règles sont systémiquement remises en cause par des personnes n’ayant aucune compétence pour le faire, alors que le système sanitaire français est aujourd’hui l’un des plus performants au monde ?

  • « Nos agences sanitaires sont corrompues et incompétentes » à uUne telle accusation est totalement inacceptable.

A de multiples reprises, les autorités sanitaires, dont l’Anses ont montré le sérieux de leurs recommandations. Les producteurs de fruits et légumes, comme chaque citoyen responsable, font confiance à ces scientifiques travaillant pour l’intérêt général, y compris lorsque ceux-ci émettent des avis qui ne leur sont a priori pas favorables. A moins de vouloir sombrer dans l’anarchie, la confiance dans les autorités sanitaires indépendantes est indispensable pour maintenir la durabilité et la compétitivité de notre modèle agro-alimentaire et maintenir une vie en société qui ne tombe pas sous le seul coup de l’opinion.

Les militants environnementalistes se trompent de combat

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France rappelle que 96 % des fruits et légumes consommés dans l’Union Européenne respectent les normes sanitaires. Le tout dernier rapport annuel de l’EFSA[3] publié en juillet 2019 sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes rend compte pour 2017 de données tout à fait rassurantes : les fruits et légumes consommés par les Européens sont dans leur immense majorité « exempts de résidus de pesticides ou en contiennent dans les limites légalement autorisées ». Les opposants aux SDHI se trompent de combat : l’enjeu est bien de soutenir la consommation de fruits et légumes indispensable à une bonne santé. Seulement un quart des Français respectent la recommandation de consommer 5 fruits et légumes par jour[4]. Il est proprement scandaleux d’alimenter des peurs ex-nihilo


[1] https://www.anses.fr/fr/content/fongicides-inhibiteurs-de-la-succinate-d%C3%A9shydrog%C3%A9nase-sdhi-l%E2%80%99anses-pr%C3%A9sente-les-r%C3%A9sultats-de

[2] https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/agriculteurs-quand-ils-deviennent-des-cibles_3603319.html

[3] European Food Safety Authority , Résidus de pesticides dans les aliments : le point sur la situation dans l’UE, 26 juin 2019.

[4] https://www.francetvinfo.fr/sante/politique-de-sante/5-fruits-et-legumes-par-jour-seul-un-quart-des-francais-suivent-la-recommandation_2280453.html

L’ANSES réaffirme avec force que les fongicides SDHI sont sûrs

Paris, le 26 juillet 2019 Suite à une « alerte » lancée en avril 2018 par quelques chercheurs dans le journal Libération[1], et à un premier rapport rendu en janvier dernier[2], les scientifiques de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) viennent de rappeler pour la deuxième fois en six mois l’innocuité des fongicides SDHI.

En janvier dernier, les scientifiques mandatés par l’ANSES dans le cadre d’un GECU (groupe d’expertise collective d’urgence) avait déjà conclu à l’innocuité des fongicides de la famille des SDHI tout en appelant à des études complémentaires. Hier, via un communiqué[3], l’ANSES a confirmé qu’« à ce jour, aucun nouvel élément n’est venu confirmer l’existence d’une alerte sanitaire qui conduirait au retrait des autorisations de mise sur le marché en vigueur, conformément aux règlements nationaux et européens relatifs aux produits phytopharmaceutiques ».

Pour les producteurs de fruits et légumes, ce rappel est le bienvenu alors que certaines associations environnementalistes ont fait de cette question un nouveau cheval de bataille dans leur stratégie de marketing de la peur. Faisant fi de l’expertise de nos autorités sanitaires, elles en viennent à pousser des scientifiques à sortir de leur sphère de compétences pour rentrer dans une démarche militante contre-productive.

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France rappelle que les fongicides SDHI font partie d’une gamme d’outils diversifiés et indispensables, à leur disposition pour lutter contre la prolifération des maladies fongiques (Outils d’Aide à la Décision, solutions de biocontrôle, etc.). Les agriculteurs sont engagés dans des démarches de progrès pour produire dans le respect de l’environnement et des consommateurs. Ces dernières années, la pression des maladies fongiques s’est fortement accrue, en lien notamment avec le changement climatique. Le printemps 2018 a été particulièrement révélateur de ce phénomène : sans une utilisation raisonnée de fongicides en complément des moyens de lutte agronomique, des milliers de producteurs auraient perdu la totalité de leur récolte. Enfin, il convient de rappeler que les fongicides sont essentiels pour préserver la qualité sanitaire des denrées, en permettant notamment de limiter le développement de toxines naturelles préjudiciables à la santé humaine.


[1] https://www.liberation.fr/debats/2018/04/15/alerte-scientifique-sur-les-fongicides_1643533

[2] https://www.anses.fr/fr/content/fongicides-inhibiteurs-de-la-succinate-d%C3%A9shydrog%C3%A9nase-sdhi-l%E2%80%99anses-pr%C3%A9sente-les-r%C3%A9sultats-de

[3] https://www.anses.fr/fr/content/sdhi-l%E2%80%99anses-fait-le-point-sur-les-travaux-lanc%C3%A9s-suite-%C3%A0-l%E2%80%99avis-de-janvier-2019

Pesticides dans les fruits et légumes : nos produits sont sains !

Communiqué de presse

 

Pesticides dans les fruits et légumes : nos produits sont sains !

 

Le 6 juin 2019 – Dans un nouveau « rapport » publié aujourd’hui, l’association anti-pesticides Générations Futures prétend alerter sur l’omniprésence de pesticides dans les fruits et légumes commercialisés et consommés en France. En réalité, ce « rapport » ne fait que confirmer ce que l’on sait depuis des années : la quasi-totalité des fruits et légumes que nous consommons sont sains.

Pour son rapport, Générations Futures reprend les données publiques collectées par la DGCCRF sur 6 années (2012 à 2017), soit 13 000 analyses au total. Parmi les conclusions de l’association : « Sur les 6 années, ce sont en moyenne 71,9% des échantillons de fruits qui contenaient des résidus de pesticides avec 2,9% de dépassement de la Limite Maximale en Résidus (LMR). Pour les légumes, la moyenne est de 43,3% des échantillons concernés et 3,4% de dépassement de LMR. »

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France en déduit donc que 97,1% des fruits sont conformes aux seuils réglementaires ainsi que 96,6% des légumes. Des chiffres parfaitement cohérents avec les dernières données de l’autorité sanitaire européenne, l’EFSA, qui pour 2016 relevait que sur près de 85 000 échantillons analysés et 791 pesticides recherchés, « 96,2 % [des fruits et légumes analysés] se situaient dans les limites autorisées par la législation de l’UE et 50,7% ne comportaient aucun résidu quantifiable. »[1]

Le Collectif Sauvons les Fruits et légumes de France relève une nouvelle fois que Générations Futures se complait dans une communication alarmiste à partir de données tout à fait rassurantes. Une stratégie de « marketing de la peur » qui dessert totalement les consommateurs comme les producteurs.

[1] https://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/180725

Pesticides : Michel-Edouard Leclerc atteint de cécité

 

Communiqué de presse

 

Pesticides : MichelEdouard Leclerc atteint de cécité

Le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France dénonce l’incurie du géant                                          de la grande distribution

 

Paris, le 12 décembre 2016 – Michel-Edouard Leclerc, affiche dans une tribune publiée* le 8 décembre sa volonté de « déclarer » la guerre aux pesticides » dans ses magasins. Derrière ce slogan choc, le PDG des enseignes E. Leclerc annonce un plan d’actions qui révèle surtout son ignorance totale des pratiques agricoles. Le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France dénonce les trois aveuglements du géant de la grande distribution.

Le PDG souhaiterait en effet :

1-      L’établissement d’un « comité scientifique »

Or celuici existe déjà. C’est le rôle de l’Agence pour la Recherche et l’Information en Fruits et Légumes (APRIFEL) qui réunit un conseil scientifique avec des experts nationaux indépendants et un conseil de consommateurs (avec des associations de consommateurs agréées).

Pourquoi donc Michel-Edouard Leclerc veut-il alors créer un comité qui dépendra surtout de la grande distribution ?! Les producteurs sont surtout soucieux de l’indépendance scientifique vis-à-vis de la grande distribution !

  • La «valorisation des pratiques alternatives »

Sans doute peut-on amplifier ces valorisations mais comment passer sous silence le travail considérable réalisé dans le réseau de fermes Dephy qui rassemble plus de 1 900 exploitations agricoles engagées dans une démarche volontaire de réduction de l’usage de pesticides ?! Comment balayer d’un revers de la main les bonnes pratiques développées par les instituts techniques depuis tant d’années ? Comment oublier les efforts réalisés par les producteurs dans le cadre du plan Ecophyto ?

3- Une évolution des « cahiers des charges qualitatifs du Groupement dachat dE. Leclerc et de la Scamark »

Pourquoi vouloir durcir des contraintes alors que les cahiers des charges auxquels se soumettent les paysans existent déjà et sont nombreux ! C’est le cas de GlobalGap qui est le référentiel rédigé au départ uniquement pour la filière fruits et légumes à l’initiative de la grande distribution d’Europe du nord en 1997. Quid du label Agriconfiance ? De l’agriculture raisonnée ?  Sans parler du cahier des charges spécifiques à chaque filière de production ?! De qui se moque Michel-Edouard Leclerc ? Imposer de nouvelles normes reviendrait à décrédibiliser l’ensemble de ces cahiers des charges existants.

Comment Michel-Edouard Leclerc peut-il oser dire que les fruits et légumes seraient « gavés » aux pesticides ? Selon l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), les fruits et légumes que l’on trouve sur les étals sont sains et de qualité. Plus de 97% des productions présentent des niveaux de résidus se situant dans les limites européennes légales. Ajoutons que des organismes indépendants réalisent également des tests de contrôle avant la mise sur marché des denrées. Laisser entendre le contraire de la part du PDG d’une enseigne aussi connu est stupéfiant.

Dans son ignorance, Michel-Edouard Leclerc laisse entendre que le bio ne contiendrait pas de résidus alors qu’environ 15 000 tonnes de soufre et de cuivre sont utilisées chaque année en France pour traiter entre autres ces productions ! D’ailleurs, le dernier rapport de l’EFSA publié en octobre 2016 précise que la présence de résidus de pesticides a été quantifiée dans 12,4% des 4 792 aliments bio analysés – ce qui ne suscite en soi aucune inquiétude en termes de santé publique – et que 1,2% d’entre eux dépassaient les Limites Maximales de Résidus (LMR) réglementaires.

Bien au-delà de l’image « verte » et « ONG compatible » qu’il peut retirer d’une telle communication, Michel-Edouard Leclerc pense avant tout à la valeur de la marge qu’il sera susceptible de dégager avec les produits bio par rapport à la vente de denrées issues de l’agriculture conventionnelle pourtant tout aussi saines et sûres. Mais attention, céder au chantage d’ONG, c’est mettre la main dans un engrenage qui ne peut que les encourager à aller plus loin encore dans les exigences…

 *http://www.huffingtonpost.fr/micheledouard-leclerc/je-declare-la-guerre-aux-pesticides-dans-mes-magasins-et-voici-c/

**http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.2903/j.efsa.2016.4611/epdf

 

Communiqué de presse

Primaires Les Républicains :

Des promesses alléchantes mais encore un effort pour aller à l’essentiel :

sauver notre production nationale de fruits et légumes.

 

Paris, le 17 novembre 2016 – A l’occasion de la campagne des primaires « Les Républicains » en vue de l’élection présidentielle, le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France analyse les pré-programmes agricoles de chacun des candidats. Et attend des actes.

Stop aux normes : leitmotiv de tous candidats

Sur les sept candidats en lice à la primaire, cinq ont publié jusqu’à maintenant des propositions ayant trait directement au monde agricole. Et sans surprise, ces propositions convergent dans un même sens, qui pourrait se résumer dans cette formule : « la fin du trop-plein de normes »

« La multiplication des textes et des contrôles, mais aussi des recours en justice qui frappent de nombreux projets d’investissement, pénalise toute notre économie », déclare ainsi Alain Juppé dans son programme. En ajoutant : « Sur le plan sanitaire et environnemental, il sera immédiatement mis fin à la sur-transposition des règles définies au niveau européen, qui produit des distorsions de concurrence incompatibles avec la logique européenne. Notre pays ne peut sans cesse s’imposer des contraintes plus sévères que ses voisins. Un audit sera par ailleurs engagé en vue de revenir sur l’ensemble des règles sur-transposées qui pénalisent les agriculteurs. » Même principe partagé par Nicolas Sarkozy (« pas de surtransposition des normes européennes »).

De son côté, François Fillon est le seul à aborder l’utilisation des produits phytosanitaires « Comment ne pas comprendre votre exaspération quand vous découvrez que des produits phytosanitaires interdits en France sont autorisés en Europe ? » Et de s’engager à « abroger par ordonnance toutes les normes ajoutées aux textes européens. »

Un regret : dans les différentes approches rien de très ambitieux sur la protection des cultures contre les ravageurs, un enjeu prioritaire de sécurité sanitaire pour tous les Français.

Le coût du travail : il faut aller plus loin

Sujet politiquement plus « correct », tous les candidats posent clairement l’enjeu du coût du travail qui impacte fortement les productions de fruits et légumes, encore faut-il être précis dans les mesures proposées ce qui est loin d’être les cas pour le moment. S’il faut revaloriser les prix, l’allègement des charges fiscales, sociales et réglementaires qui pèsent sur les exploitations est une priorité. Il en va de la compétitivité du secteur agricole affirment de façon unanime les candidats.

Répondre aux enjeux spécifiques de la filière française

Rappelons que notre balance commerciale en fruits et légumes est déficitaire (1,2 milliard d’euros) et se dégrade continuellement sauf pour les productions reconnues pour leur qualité à l’étranger (ex : pomme). La raison en est simple : nous ne produisons pas assez !

Avec des écarts raisonnables de compétitivité, la filière française peut déjà reprendre des couleurs mais uniquement aux conditions suivantes :

  • Ne pas entraver la recherche, l’innovation y compris dans la protection des cultures, l’innovation variétale, etc.
  • Reconnaître l’utilité de la protection phytosanitaire, sans impasses techniques et usages non pourvus.
  • Poursuivre l’amélioration des pratiques et la recherche de nouvelles substances y compris de synthèse.
  • Baser les décisions politiques selon des données étayées sur le plan scientifique et technique et non pas sur les élucubrations d’ONG payées par nos impôts.
  • Ne pas décourager les projets et les porteurs de projets en stoppant « l’agri-bashing ».

Quel avenir pour ces propositions ?

Ces anciens responsables politiques, aujourd’hui candidats, ont pour la majorité d’entre eux occupé des postes à haute responsabilité et pouvant influencer directement le travail des agriculteurs et des producteurs de fruits et légumes : Président de la République, Ministre de l’écologie, Ministre de l’agriculture, Premier Ministre… Le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France constate que ce n’est pas pendant ces quelques années au pouvoir que la filière fruits et légumes « made in France » s’en est le mieux sortie. Bien au contraire ! Tous les candidats actuels en portent une lourde responsabilité, à travers le Grenelle de l’Environnement puis par le plan Ecophyto. Les producteurs prennent acte des bonnes intentions mais attendent de voir une véritable rupture de politique, avec entre-temps la campagne présidentielle et son lot de compromis puis de campagnes de pression médiatiques !

« La pérennisation d’une filière forte de production de fruits et légumes français est capitale pour notre économie. C’est aussi un enjeu sanitaire (lutte contre l’obésité, maladies cardiovasculaires), » observe le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France. « Si le slogan « mangez 5 fruits et légumes par jour » est populaire, les études montrent que les Français ne traduisent pas encore cet adage en acte d’achat. Le facteur prix influence fortement ce comportement, preuve que les efforts de compétitivité et de développement de la filière ne sont pas des objectifs strictement corporatistes. »

F&L

 

 

Communiqué de presse


« Limite maximale globale de pesticides dans les aliments » :

Une escroquerie intellectuelle pour une efficacité nulle

 

 

Paris, le 17 octobre 2016 – L’annonce jeudi dernier au Sénat par Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé‎ d’une consultation de l’ANSES pour déterminer une « limite maximale globale » de résidus de pesticides dans l’alimentation relève plus de l’escroquerie intellectuelle que d’une véritable démarche scientifique. Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France appelle le gouvernement à la raison et à ne pas caler sa politique en fonction « d’enquêtes » douteuses de telle ou telle ONG médiatique.

 

Pour le contrôle des résidus de produits phytosanitaires, les autorités sanitaires se basent actuellement sur un seuil réglementaire appelé « Limite Maximale de Résidus » ou LMR, défini au niveau européen. Fixé pour chaque couple substance / végétaux, celui-ci ne constitue pas un seuil de sécurité pour la population, mais une norme agronomique. Cette norme très sécuritaire se situe d’ailleurs largement en-dessous des niveaux d’exposition qui présenteraient potentiellement un risque pour la santé. Le projet du gouvernement qui consisterait simplement à additionner ces LMR les unes aux autres pour parvenir à une « limite globale » est tout simplement absurde, certaines substances ayant des LMR beaucoup plus élevées que d’autres.

Une absurdité y compris pour la filière biologique, grande utilisatrice de cuivre, qui a en moyenne une LMR 100 fois supérieure aux produits phytosanitaires de synthèse. L’ enquête VIGIE F&L 2015 du Collectif Sauvons les Fruits et Légumes[1] avait notamment démontré la présence plus importante du cuivre dans les salades et tomates bio. On imagine la valeur fantaisiste à laquelle on aboutirait pour une simple salade composée si l’on ajoutait les valeurs de cuivre de ces deux aliments. Dans le même d’ordre d’absurdité, il conviendrait d’établir un indicateur global sur la toxicité pour le muesli bio intégrant les risques mycotoxine, bactériologique et métaux lourds. Tout cela évidemment sans aucun bénéfice pour la sécurité sanitaire des consommateurs.

Connivence entre gouvernement et associations écologistes

Les interventions médiatiques de ces derniers jours montrent très clairement une concertation entre les milieux écologistes, certains parlementaires et certains membres du gouvernement. La protection de la santé de nos concitoyens ne se décide pas au travers du prisme de la presse à scandale. La France et sa gastronomie méritent mieux que ça !

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France suggère au gouvernement de demander, avant tout engagement (qui plus est ultra-médiatisé), l’avis des experts scientifiques. Leur avis sera très probablement plus rationnel et plus professionnel sur la question des risques sanitaires pour les consommateurs. Rappelons aussi que la réglementation européenne actuelle est l’une des plus protectrices au monde.

[1] http://www.sauvonslesfruitsetlegumes.fr/wp-content/uploads/2015/01/Dossier-VIGIE-FL-2015.pdf

F&L

Communiqué de presse

 

Attaque de Générations Futures contre la consommation de Muesli :

Les intérêts commerciaux, priorité du lobby bio…

Et grand silence sur les risques mycotoxine et bactériologique, qui eux, sont bien réels !

 

Paris, le 12 octobre 2016 – Le lobbying de l’association Générations Futures n’a plus de limite. Sa nouvelle enquête EXPPERT d’analyse d’échantillons de muesli est l’exemple type d’une opération marketing visant à servir des intérêts privés, en l’occurrence des entreprises de la filière bio, et non l’intérêt général.

Cette enquête qui ne révèle absolument rien d’alarmant (aucun dépassement des normes) a été orchestrée par Générations Futures, association étroitement liée à certaines entreprises de la filière bio et au Synabio (Syndicat National des transformateurs de produits naturels et de culture biologique) puisque la Présidente de l’organisation militante Générations Futures est également administratrice de ce syndicat. Comment alors être objectif ?

Si Générations Futures avait réellement le souci de la vérité, ses responsables auraient également demandé au laboratoire responsable des analyses de rechercher la présence de salmonelles et de mycotoxines qui constituent des dangers réels et immédiats pour les consommateurs. Le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France rappelle ainsi deux alertes sur ces sujets d’importance ces derniers mois (parmi beaucoup d’autres !) :

  • Le retrait en septembre 2016 par Auchan de sésame complet bio (fournisseur : S.A.S Moulin Meckert Diemer) contaminé par des salmonelles[1].
  • Ou encore le retrait en octobre 2015, toujours par la société Auchan, de « son de blé » bio, contaminé par la mycotoxine ochratoxine A[2].

Dans les deux cas, il s’agit de substances « naturelles ». Les salmonelles peuvent provoquer fièvre, diarrhée, vomissements… L’ochratoxine A est une mycotoxine    ayant des propriétés cancérigènes, néphrotoxiques, tératogènes, immunotoxiques et éventuellement neurotoxiques ! Certaines mycotoxines naturelles sont de puissants Perturbateurs Endocriniens avérés (ex. zéaralénone3). Les autorités françaises ne s’y trompent d’ailleurs pas. Dans sa dernière EAT (Etude alimentation totale) infantile, l’ANSES appelle plus particulièrement à surveiller les mycotoxines T-2 & HT-24.

« Les producteurs de fruits et légumes, déjà soumis à une très forte pression ne peuvent plus supporter ce genre d’enquête approximative et partiale », souligne le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France. « Les règlements sont de plus en plus drastiques et nous nous efforçons de les appliquer. Comment allons-nous faire si en plus, la grande distribution, sous l’injonction de quelques associations écologistes, nous rajoutent des normes inutiles ? »

 

[1] https://www.auchan.fr/assets/images/pdf/Moulin_Meckert.pdf

[2] http://www.auchan.fr/assets/images/pdf/affichette-son-de-ble2.pdf

3 https://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9aral%C3%A9none

4 https://www.anses.fr/fr/lexique/eat-etude-de-lalimentation-totale

F&L

Communiqué de presse

 

Certification bio :

les producteurs bio ayant eu recours à des produits phytosanitaires de synthèse ne doivent pas être pénalisés

 

 

Paris, le 7 octobre 2016 – Alors que les producteurs de fruits et légumes bio connaissent une année particulièrement difficile (printemps pluvieux puis période de sécheresse), nombre d’entre eux ont été contraints de recourir à des traitements phytosanitaires non homologués bio pour sauver leurs récoltes. Conséquence : une perte de la labellisation au minimum pour 3 ans. Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France appelle les pouvoirs publics à faire preuve de souplesse dans l’application de la règlementation.

 

Dès le printemps dernier, la presse s’était fait l’écho de viticulteurs ayant dû utiliser des produits phytosanitaires non autorisés en bio pour lutter contre le mildiou[1]. Une décision difficile à prendre mais rendue nécessaire pour sauvegarder à minima les productions. Contrecoup : chacun d’entre eux doit recommencer à zéro la démarche de conversion et devra attendre 3 ans avant de pouvoir retrouver la labellisation bio. De nombreux cas similaires ont été relevés par le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes dans d’autres secteurs. Dans certaines exploitations légumières, ce sont même toutes les productions qui se sont vues retirer la certification Agriculture Biologique (AB) alors que seulement l’une d’entre elles avait fait l’objet d’un traitement à base d’un produit phytosanitaire de synthèse.

Dans une exigence de transparence vis-à-vis des consommateurs, il est normal que les productions concernées et uniquement celles-ci soient retirées des circuits certifiés bio. Ce qu’il est l’est moins, c’est de pénaliser toutes les productions d’une exploitation et pire, retirer pour 3 ans minimum la certification bio au producteur.

Une certaine souplesse bienvenue

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France rappelle que la démarche de certification bio est longue, fastidieuse et coûteuse. Il appelle donc les autorités compétentes à faire preuve de souplesse en maintenant cette certification aux producteurs qui ont parfois traité seulement une fois leur production avec des produits phytosanitaires de synthèse. Cette exclusion est d’autant plus absurde au regard de l’application de la règlementation du bio en France dans le secteur de l’élevage. Dans le contexte de forte pluviosité au printemps et de sècheresse en fin d’été, des dérogations sont accordées à des éleveurs en bio pour s’approvisionner en maïs fourrage produit par des exploitations conventionnelles. Dans ces cas précis, les productions de lait ou de viande bénéficient toujours de la certification et l’homologation est maintenue pour l’ensemble de l’exploitation.

La même logique devrait être également appliquée aux traitements autorisés en bio. Cela fait par exemple plusieurs années que la lutte contre le mildiou en bio nécessite l’utilisation de quantités importantes de cuivre. Même si les producteurs de fruits et légumes AB sont conscients des faiblesses de ce type de traitement au regard de son impact négatif pour la vie biologique du sol et aquatique, ils demandent à pouvoir déplafonner le seuil maximum de 6 kg/ha/an calculé en moyenne sur 5 ans, en attendant que la recherche trouve des solutions alternatives.

Le segment bio dans le secteur fruits et légumes constitue une opportunité de développement pour des exploitants. Une certification en AB induit une augmentation de la prise de risque technique et économique. Cette prise de risque se traduit par une forte variabilité de production et particulièrement lors des années climatiques chaotiques. Le développement du bio demande donc à être sécurisé. Ne vaut-il pas mieux accroitre les possibilités de dérogation et de déplafonnement en toute transparence que de maintenir des principes intenables dans la réalité et qui ne peuvent qu’accroitre les acrobaties techniques pour conserver la certification bio ?

[1] Et encore maintenant : https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/rester-bio-ou-traiter-chimiquement-pour-ne-pas-etre-ruines-des-viticulteurs-bourguignons-ont-du-choisir-1474053154

Définition des critères finaux des perturbateurs endocriniens par la Commission européenne : faudra-t-il bientôt interdire l’huile de neem ?

 F&L

 

 

Communiqué de presse

Définition des critères finaux des perturbateurs endocriniens par la Commission européenne : faudra-t-il bientôt interdire l’huile de neem ?

Paris, le 17 juin 2016 – La Commission européenne a présenté mercredi dernier les critères finaux qui permettront de caractériser les molécules phytosanitaires actuellement sur le marché comme « perturbateurs endocriniens » ou non. Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France alerte les pouvoirs publics sur les conséquences d’une définition « hors-sol » de ces critères mettant à mal le peu de solutions de protection à disposition des producteurs.

Suite à la consultation lancée au 2ème semestre 2014, à laquelle a participé le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, la Commission européenne a présenté mercredi dernier les critères finaux de définition des molécules à effet perturbateur endocrinien. Cette annonce pourrait avoir des conséquences majeures sur le panel d’outils de protection des plantes mis à disposition de la filière fruits et légumes.

L’enjeu est important. Il ne serait en effet pas raisonnable de vouloir bannir, sur la base d’une application excessive du principe de précaution et sans une approche scientifique approfondie, toutes les molécules présentant une action endocrine mais n’ayant pas d’effets néfastes sur la santé humaine. C’est le cas de l’azadirachtine, plus connue sous le nom de « huile de neem » couramment utilisée comme insecticide en agriculture biologique, sur des productions telles que pommes, pêches, cerises et prunes. Celle-ci pourrait, en effet, être interdite du jour au lendemain alors même que les producteurs prennent toutes les précautions d’usage requises ! Cet exemple démontre qu’il y a un véritable risque de voir disparaitre du marché de nombreuses substances actives et de réduire ainsi à nouveau le nombre et la diversité des solutions de protection des plantes.

Pour Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France, l’approche de la Commission européenne aurait dû fournir une base solide pour une prise de décision réglementaire permettant de s’assurer que ces critères sont suffisamment discriminants pour séparer les substances qui sont préoccupantes et qui doivent être gérées avec des mesures spécifiques voire être interdites, de celles qui ne le sont pas. La considération de la notion de puissance endocrinienne est fondamentale. En faisant l’analogie avec la puissance d’un moteur, si l’éthinylestradiol contenu dans la quasi-totalité des formulations modernes des pilules contraceptives combinées est évalué à 1 000 000 cv, alors la puissance du coumestrol que l’on retrouve dans les épinards ou encore dans les choux de Bruxelles serait de 10 000 cv (et celle des pesticides aujourd’hui autorisés de l’ordre de quelques chevaux !!!).

L’enjeu est de placer le curseur au bon endroit : suffisamment protecteur de la population sans qu’une application extrême et inappropriée du principe de précaution soit à l’origine d’entraves, notamment pour le secteur des fruits et légumes.

Né en novembre 2007, le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France constitue un mouvement de citoyens. Il vise à sortir les producteurs de l’impasse réglementaire dans laquelle ils se trouvent. Il rassemble des producteurs issu de l’agriculture biologique et raisonnée de la France entière, membres de toutes les filières et de toutes les sections professionnelles qui, confrontés aux mêmes problèmes, ont décidé de réunir leurs efforts pour sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics aux menaces qui pèsent sur la production hexagonale et aux moyens d’y remédier ; il ne se substitue pas plus qu’il ne concurrence l’organisation traditionnelle de la profession ; il n’a pour but que de la compléter avec le souci, partagé par tous, de l’efficacité. Toutes les cultures de fruits et légumes y sont représentées. Il obtient le soutien de scientifiques, de médecins, mais également de chefs cuisiniers, etc. Il est soutenu par des élus (maires, conseillers généraux et régionaux, députés et sénateurs).