Melon
csfl | 31 mars 2009Usage clef : Désherbage
Description
Les adventices sont préjudiciables à plusieurs niveaux :
- Concurrence hydrique et minérale (perte de productivité et de qualité des fruits).
- Augmentation des problèmes sanitaires (développement plus important de certaines maladies cryptogamiques (sclérotinia et botrytis, …) et d’insectes (pucerons en particulier).
- Augmentation des coûts de production à la récolte (la MO représente 50 à 60% des coûts).
Si l’enherbement n’est pas maîtrisé, très forte baisse de productivité.
Matière active :
Pendiméthaline (PROWL 400)
Inscrite sur la liste positive 91/414/CE
Situation
Actuellement cet usage n’est pas vide. Une homologation vient même d’être obtenue pour 2009 avec (CENT 7, Isoxaben). Mais la problématique technique reste entière.
1) DACTHAL WP 75 (Chlorthal), présente des restrictions importantes d’emploi pour un coût très élevé (600 euro /ha) et avec une efficacité assez faible.
2) CENT 7, est homologué depuis juillet 2008 uniquement dans les passes-pieds (passage entre les rangs de la culture paillée).
Ce produit ne règle pas l’enherbement sous le paillage (transparent = précocité). Cette difficulté est importante dans la région du centre-ouest. Il agit par “film”, positionnement juste après la toute dernière intervention, son efficacité est très vite limitée par certaines interventions culturales
3) PROWL 400 est une demande importante de la profession car il répond de façon complémentaire et plus large vis-à-vis de la flore présente. Une demande d’homologation en plein est actuellement demandée.
Solutions alternatives
L’utilisation du paillage est systématique, mais le développement de l’herbe sous ce paillage transparent est fréquente dans le centre-ouest. Le paillage de couleur est (pas) ou peu utilisé pour des pertes de précocité de 5 à 8 jours.
Le désherbage mécanique est favorisé, mais en production précoce (sous chenille et bâches), il ne permet pas d’empêcher le développement des herbes entre le paillage et le film de couverture.
Le désherbage manuel ne peut pas s’envisager, sauf de façon ponctuelle : coût important de la main d’œuvre pour de grandes surfaces, la pénibilité de ce travail et le manque de main d’œuvre disponible sur une courte période.
Actuellement pas de solution homologuée pour le problème de l’enherbement sous paillage. L’utilisation de paillage de couleur n’est pas une solution performante sur le plan économique : le paillage de couleur retarde l’entrée en production d’une semaine environ (la précocité est primordiale en production de melon) et le coût est de 40 % supérieur (+ 150 euro/ha).
Usage clef : Sclérotinia (et botrytis)
Description
Le sclérotinia sur melon est en très forte augmentation dans les créneaux de productions précoces du Sud-ouest et du Centre-ouest. Le S. Slerotiorum provoque des dégâts sur tiges et fruits. Certaines parcelles sont très touchées et ne sont pas être récoltables.
Les producteurs adoptent des rotations généralement longues (de 5 à 10 ans). Ce champignon se conserve très longtemps et il est présent sur d’autres cultures de l’assolement (colza, tournesol, luzerne, …). Les producteurs spécialisés en melons échangent leurs terres avec des collègues céréaliers (contrat à l’année avec des céréaliers voisins).
Une préparation biologique en traitement du sol est autorisée (spores d’un champignon Coniothyrium minitans, marque commercial : CONTANS WG), mais son positionnement doit être fait idéalement deux ans avant la culture de melon. Cette solution est d’une mise en œuvre difficile
Matière active
Cyprodinil + Fludioxonil. Le produit commercial (Switch) n’est pas homologué pour cette culture.
Cyprodinil est inscrite sur la liste positive 91/414/CE
Procymidone
Matière active retirée au 30 juin 2008
Situation
Usage vide
Certaines productions seront compromises si les producteurs ne disposent pas de solutions phytosanitaires efficaces.
Les entreprises positionnées sur le créneau d’une production précoce (généralement des cours plus rémunérateurs) seront fragilisées.
Solution alternative
Il n’existe pas de variétés résistantes.
Possibilité : choix de variétés moins sensibles, mais aussi moins précoces.
Vis-à-vis de ce champignon, il y a peu de travaux en cours et peu de pistes alternatives en vue.
Usage clef : Taupins
Description
Ce parasite est très préoccupant avec une montée en puissance de nouvelles souches (Agriotes Sordidus) avec un cycle de multiplication plus rapide.
Deux périodes de dégâts : à la plantation (destruction partielle des plants) et à l’approche de la maturité des fruits (perforations des fruits). Dans le sud de la France, des cas de parcelles non récoltables sont de plus en plus fréquent.
Dans le centre-ouest, la préoccupation est surtout au moment de la plantation.
Situation
Pas de solution globale pour l’ensemble du cycle de culture.
Pour une protection limitée au plant lors de la plantation, une solution existe avec la matière active (Téfluthrine = FORCE 1,5 G) qui n’est pas homologuée pour cette culture.
Pour la protection du fruit (perforations), avec les retraits des matières actives -Ethoprophos (MOCAP 20), de Carbofuran (CURATER) et de Benfuracarbe (ONCOL S)- l’usage est vide à partir de la campagne 2009.
Luttes alternatives
Piègeage de masse des adultes par attraction avec des phéromones (des résultats très contrastés). Amélioration du piégeage de masse et de la lutte avec champignons et nématodes parasites des taupins (Ctifl Lanxade, CEHM à Marsillagues, HORTIS Aquitaine).
Lutte biologique envisagée avec l’utilisation de champignons et nématodes entomopathogènes.
Cette méthode n’est pas au point à court ou moyen terme.
Nécessité de disposer de solutions pour produire maintenant !
Indicateurs économiques
Superficie : environ 15 000 ha
Balance commerciale française déficitaire : développement des importations en provenance du Maroc.

